La zone Gatumba, située dans la commune Ntahangwa en province de Bujumbura, est de nouveau confrontée aux inondations consécutives dues au débordement des eaux de la rivière Rusizi. Plusieurs quartiers sont envahis par les eaux, qui atteignent par endroits la route nationale RN4 reliant la ville de Bujumbura à celle d’Uvira, en république démocratique du Congo. Face à cette situation, les habitants disent qu’ils font face à de nombreuses difficultés et plaident pour la construction d’une digue sur les rives de la Rusizi afin de prévenir ces catastrophes récurrentes.

Lors de notre descente sur terrain, le mercredi 11 mars 2026, le constat était frappant. Dans certains quartiers de Gatumba, certains habitants utilisent des pirogues pour se déplacer et sortir de leurs localités presque entièrement submergées. Des enfants jouent dans des eaux stagnantes, tandis que des commerçants continuent leurs activités devant des boutiques entourées d’étendues d’eau ressemblant à de petits lacs.
La circulation dans ces quartiers devient de plus en plus difficile et plusieurs infrastructures publiques, notamment des routes, églises et d’autres bâtiments communautaires, sont menacées par la montée des eaux.
Des pertes importantes pour les habitants
La recrudescence d’inondations met en péril les conditions de vie de nombreux ménages. Plusieurs habitants disent avoir perdu leurs biens et sources de revenus.
« J’ai perdu beaucoup de choses. Sept maisons que je mettais en location sont inondées et les locataires sont déjà partis, car ils ne pouvaient plus supporter la situation. Aujourd’hui, je mène une vie très difficile avec ma famille », témoigne Jean Marie Sirabahenda, rencontré au quartier Mahotera dans la zone Gatumba.
Les commerçants installés dans les zones touchées indiquent, quant à eux, que leurs activités tournent désormais au ralenti. « Pour arriver à ma boutique, les clients doivent traverser l’eau en passant par un petit pont improvisé. Certains ont peur de tomber et préfèrent aller acheter ailleurs », explique Thérèse Nizigama, commerçante dans l’un des quartiers affectés.
Pour d’autres habitants, les inondations ont même entraîné la séparation temporaire des familles. Arcade Bazira, un sexagénaire qui tient une petite échoppe au bord de la RN4, affirme vivre seul depuis plusieurs semaines. « Ma maison est inondée. Les membres de ma famille ont dû aller vivre ailleurs. Moi, je suis resté ici pour essayer de me débrouiller », confie-t-il.
Une digue réclamée pour prévenir les catastrophes
Selon les habitants rencontrés, les conséquences des inondations dans cette zone sont considérables. Ce sont notamment la destruction de maisons, pertes économiques et perturbation de la vie quotidienne. Face à cette situation récurrente, les habitants de Gatumba estiment que la construction d’une digue le long de la rivière Rusizi pourrait constituer une solution durable pour protéger la population.
Il convient de rappeler qu’en 2025, et même les années précédentes, les inondations provoquées par la montée des eaux du lac Tanganyika et le débordement de la rivière Rusizi avaient déjà contraint de nombreuses familles vivant à Gatumba à abandonner leurs habitations et se déplacer vers des zones plus sûres.
Claude Hakizimana
