Un événement majeur s’est déroulé à Bujumbura au soir du mardi 31 mars 2026 suite aux explosions consécutives à l’incendie qui s’est déclaré dans un dépôt de munitions de la brigade logistique. Le porte-parole de la Force nationale de défense du Burundi, Gaspard Baratuza, a donné le bilan de treize morts, tous des civils, et des dégâts matériels énormes. Face à cette situation, Jean-Paul Roux, consultant international en assurance conseille à toute personne à la souscription du package d’assurance appelé multirisque habitation pour les foyers, professionnelle pour les métiers indépendants ou entreprise pour les biens et le personnel des collectivités.

« L’assurance incendie qui, aujourd’hui, n’est pas obligatoire doit être comprise au même niveau que l’assurance santé, automobile ou épargne », a rappelé Jean Paul Roux en faisant référence à cet évènement majeur. Pour cet expert, l’assurance dans tous ses aspects doit être dans l’esprit des Burundais.
Toutefois, M. Roux a regretté le fait que le marché d’assurance incendie-explosion et les dommages annexes comme la tempête, les dommages électriques, les dégâts des eaux, ne sont pas très développés au Burundi. «Le dernier rapport de l’Arca (Agence de régulation et de contrôle des assurances) montre que le chiffre d’affaire IARD et Vie est supérieur à138 milliards de francs burundais. L’incendie et les dommages connexes et annexes ne représentent que 10 milliards de francs burundais, soit 7,6% » a justifié M. Roux.
Comparativement aux autres branches d’assurances, a-t-il martelé, la souscription à l’assurance incendie qui comprend aussi l’explosion est très faible. « L’automobile représente un peu plus de 21%, la maladie et la santé 14% et l’épargne représente 22% ».Pour remédier à ce défi, Jean Paul Roux a proposé aux assureurs en collaboration avec l’Arca de travailler pour la mise en œuvre d’une réglementation afin de donner une obligation à cette assurance « Incendie- Explosions et Implosions ». « Les assureurs doivent eux aussi être présents sur le terrain et il faut qu’il y ait une écoute conjointe des citoyens avec leurs conseillers en assurance », a-t-il-souligné
Manque d’informations et de communication, une épine dans les bottes
A la question de savoir si le scepticisme des Burundais ne serait pas lié aux prix élevés, Jean Paul Roux a répondu par la négative:« Je vous assure que les prix ne sont pas très élevés ici au Burundi. Il y a seulement un défaut d’informations et de communication entre les assureurs et assurés ». Et d’ajouter qu’il faut permettre à tout un chacun, selon ses moyens, à proposer le paquet multirisque habitation pour les familles et la multirisque professionnelle ou entreprises pour les professions indépendantes.
Il a appelé les Burundais à la prise de conscience citoyenne en matière d’assurance. Les assureurs sont appelés, à l’instar des banques, d’être présents sur le terrain et à consacrer un peu plus de temps pour les citoyens pour que ces derniers puissent être informés sur la valeur ajoutée de la souscription en assurance.
M. Roux a conseillé aux Burundais, en particulier à ceux qui hésitent encore, de développer la culture de l’assurance car la souscription tardive n’a pas d’effets ni sur les événements passés ni pour le présent. Aux conseils d’administration des assurances, il faut qu’ils investissent dans la formation de leurs employés et la communication avec la population. « Je leur conseillerai de développer de bonnes relations entre les assureurs et les assurés par une présence d’agences plus soutenue avec des agences régionales et locales.», a-t-il-ajouté.
Concernant les sinistrés de l’incident dû à l’explosion de munitions militaires à Bujumbura, Jean Paul Roux leur a rappelé que le code des assurances donne un délai de cinq jours ouvrés pour faire leurs déclarations auprès des maisons d’assurance. Du fait des récents jours fériés, le délai est encore autorisé.
Moïse Nkurunziza
