Dans un pays qui ambitionne l’émergence économique à court terme comme le Burundi, le courtage en assurance demeure un pilier discret mais fondamental du développement. Il joue un rôle clé à travers la sécurisation des investissements, la stabilité des entreprises, la mobilisation de l’épargne et l’amélioration du climat des affaires. Ces propos sont du président de l’Association des courtiers professionnels du Burundi (ACPBU), Dieudonné Bigirimana, dans un entretien accordé, le lundi 23 février 2026, au quotidien Le Renouveau du Burundi.

Le Renouveau (L.R.): Monsieur le président, comment définissez-vous le rôle du courtier en assurance ?
Dieudonné Bigirimana (D.B): Le courtier en assurance est un intermédiaire indépendant qui représente avant tout les intérêts du client auprès des compagnies d’assurance. Contrairement à l’agent, il n’est lié à aucune compagnie spécifique. Son rôle consiste à conseiller, négocier et structurer des programmes d’assurance adaptés aux besoins réels des entreprises, des institutions et des particuliers. Il agit ainsi comme un véritable conseiller stratégique en gestion des risques.
L.R: En quoi le courtage contribue-t-il à l’émergence économique d’un pays ?
D.B: Le courtage contribue à l’émergence économique à plusieurs niveaux. Il permet d’abord la sécurisation des investissements, en offrant aux investisseurs nationaux et étrangers des garanties solides pour protéger leurs capitaux. Il favorise également la stabilité des entreprises, car une structure bien assurée résiste mieux aux sinistres et aux chocs économiques.
Le courtage participe aussi à la mobilisation de l’épargne nationale, l’assurance transformant cette épargne en investissements productifs. Enfin, un secteur du courtage bien structuré améliore le climat des affaires en renforçant la confiance dans le système financier. Dans un pays qui ambitionne l’émergence comme le Burundi, le courtage facilite la professionnalisation du secteur et renforce la transparence.
L.R: Quel est le lien entre le courtage et la gestion des grands risques ?
D.B: Les grands projets d’infrastructures, d’énergie, de transport ou de télécommunications nécessitent des programmes d’assurance complexes, souvent appuyés par la réassurance internationale. Le courtier joue alors un rôle technique central : analyse des risques, structuration des couvertures, négociation avec les assureurs et réassureurs, ainsi que le suivi des sinistres. Sans un courtage professionnel, plusieurs projets structurants pourraient ne pas voir le jour faute de couverture adaptée.
L.R: Le courtage peut-il favoriser l’inclusion financière ?
D.B: Absolument. Le courtier contribue à vulgariser la culture de l’assurance, à développer des produits adaptés aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux populations à revenus modestes, à promouvoir la micro-assurance et à sensibiliser sur la protection sociale et patrimoniale. L’assurance devient ainsi un véritable outil de résilience économique et sociale.
L.R: Quels sont les défis du courtage dans un pays émergent ?
D.B: Les principaux défis restent la faible pénétration de l’assurance, le manque de culture assurantielle, le besoin de formation spécialisée, un cadre réglementaire à renforcer et une digitalisation encore limitée. Toutefois, ces défis constituent aussi des opportunités de croissance.
L.R: Un mot de la fin pour conclure?
D.B.Pour conclure, j’appellerais les décideurs à considérer le courtage non comme un simple intermédiaire commercial, mais comme un acteur stratégique du développement économique. Renforcer la réglementation, soutenir la formation professionnelle, encourager la digitalisation et favoriser les partenariats régionaux et internationaux sont des priorités.
Le courtage en assurance est un pilier discret mais essentiel de l’émergence économique.
Eric Tuyishemeze (Stagiaire)
