La CVR (Commission vérité et réconciliation) a organisé, le mardi 2 juin 2026, dans la capitale politique Gitega, une rencontre à l’intention des retraités de l’État. L’objectif était d’échanger sur leur contribution au processus de réconciliation nationale, après avoir livré leurs témoignages sur les événements vécus et observés au cours des différentes crises qui ont marqué le passé du Burundi.

Dans son discours d’ouverture, le président de la CVR, Pierre Claver Ndayicariye a souligné le rôle important que les personnes âgées peuvent jouer dans le processus de réconciliation des Burundais. Selon lui, les retraités constituent une mémoire vivante de la nation, ayant vécu ou observé les différentes périodes qui ont façonné l’histoire du pays. Il a indiqué que leurs expériences, connaissances et réflexions peuvent contribuer à une meilleure compréhension des tragédies traversées par le Burundi et aider à identifier des solutions durables aux conflits qui ont endeuillé la population.
Parlant ainsi des objectifs de cette rencontre, Pierre Claver Ndayicariye a expliqué que le premier consistait à présenter aux participants la mission de la CVR ainsi que les avancées déjà réalisées dans la recherche de la vérité, condition essentielle à une réconciliation authentique. Le deuxième objectif visait à recueillir les avis, conseils et propositions des retraités sur les moyens de renforcer la paix et la cohabitation harmonieuse entre les Burundais. La CVR a également voulu rappeler que les valeurs de respect mutuel, d’amour de la vie et de coexistence pacifique prennent naissance au sein de la famille avant de se consolider dans la société.
La vérité, fondement d’une réconciliation durable
Le président de la CVR est également revenu sur les périodes douloureuses qui ont marqué l’histoire du Burundi, depuis l’assassinat du prince Louis Rwagasore en 1961, en passant par les événements de 1965, 1972, 1988, 1991 jusqu’à la crise déclenchée le 21 octobre 1993. Selon lui, ces tragédies ont profondément affecté l’unité nationale. Il a insisté sur le fait qu’aucune réconciliation durable ne peut être envisagée sans la manifestation de la vérité ni la reconnaissance de la souffrance des victimes. Il a par ailleurs rappelé que le mandat de la CVR couvre la période comprise entre 1885 et 2008.
La réconciliation commence par soi-même
Les participants à cette rencontre ont, quant à eux, souligné que la véritable réconciliation commence au niveau individuel. Ils ont estimé qu’une personne doit d’abord se réconcilier avec elle-même, accepter son histoire et son vécu afin de mieux comprendre les autres et vivre en harmonie avec eux.
Revenant sur l’importance du pardon, Pierre Claver Ndayicariye a indiqué que la réconciliation véritable exige également la capacité de comprendre la douleur d’autrui et de la considérer avec la même sensibilité que sa propre souffrance.
Il convient de rappeler que cette rencontre s’inscrit dans la série de rencontres organisées par la CVR à l’intention des différentes couches de la population burundaise dans le cadre de sa mission de recherche de la vérité, de reconciliation des burundais et de consolidation d’une paix et d’une unité durables.
Eric Sabumukama
