Lors d’un entretien accordé au journal « Le Renouveau du Burundi » le dimanche 31 mai 2026, des bénéficiaires d’une campagne de chirurgies gratuites à l’hôpital Prince Régent Charles, ont partagé leur soulagement. Mené par des médecins chinois et burundais, ce programme redonne espoir aux familles à faibles revenus souffrant de la cataracte.

La lumière après de longs mois de pénombre. Pour de nombreux Burundais issus de milieux modestes, l’accès aux soins ophtalmologiques de pointe relève souvent du luxe inabordable. Face à ce défi de santé publique, l’initiative conjointe entre le gouvernement du Burundi et la République populaire de Chine a permis de réaliser des opérations chirurgicales gratuites de la cataracte, transformant radicalement le quotidien des patients pris en charge.
Un soulagement immédiat pour les bénéficiaires
Parmi les visages qui ont retrouvé la vue grâce cette campagne réussiese trouve Antoinette Sinigirira, une habitante de la commune de Bubanza âgée de 64 ans. Opérée au niveau de l’un de ses yeux, elle se réjouit des avancées remarquées depuis l’intervention. Elle explique qu’elle peut désormais marcher en voyant distinctement son chemin et différencier les personnes comme les objets. Une véritable métamorphose pour la sexagénaire qui, avant de se faire soigner, passait ses journées prostrée, incapable de supporter la lumière du soleil ou discerner son entourage.
Bien qu’elle signale une vision encore à parfaire du côté de l’œil opéré, la patiente confie sa totale confiance envers le traitement postopératoire. Elle affirme être convaincue qu’en respectant scrupuleusement les prescriptions, elle recouvrera une guérison effective lui permettant de reprendre ses petites activités quotidiennes adaptées à son âge.
Au-delà de la joie de retrouver la vue, cette campagne met en lumière l’impact socio-économique de la santé visuelle sur les ménages. Ainsi Mme Sinigirira rappelle avec insistance qu’une maladie nécessitant une chirurgie déstabilise gravement les budgets des familles vulnérables, ce qui freine le développement du pays tout entier. Elle interpelle ainsi le gouvernement pour qu’il continue de veiller sur la santé des citoyens aux revenus les plus modestes.
Un grand soulagement et une mobilité retrouvée
De son côté Jacques Baravugwa, habitant dans la commune Cibitoke, âgé de 54 ans, exprime sa profonde reconnaissance. Six jours après son opération, cet homme qui ne voyait presque plus témoigne d’un grand soulagement et d’une mobilité retrouvée. Il dit suivre correctement les recommandations des médecins et l’application des collyres pour garantir le succès de sa convalescence.
De plus, l’espoir suscité par cette mission médicale engendre de fortes attentes pour l’avenir. Agée de 85 ans, Cécile Misigaro, également résidante dans la commune Bubanza, confirme que son état s’est nettement amélioré après trois ans de calvaire visuel. Cependant, elle nuance ce succès en indiquant que seul un œil a pu être traité, tandis que le second demeure douloureux et limitant. Elle lance donc un appel vibrant aux équipes médicales afin qu’elles reviennent pour traiter son autre œil et lui permettre de vivre dignement.
Les bénéficiaires convergent pour saluer l’engagement des autorités burundaises et remercient chaleureusement le corps médical chinois pour son dévouement gratuit, sans oublier de féliciter les médecins locaux qui ont assuré un suivi rigoureux tout au long de cette chaîne de solidarité humaine.
Jean Marie Ndayisenga
