
Dans la zone Buhiga, les victimes les plus fréquentes des VBG (violences basées sur le genre) sont les femmes. Ces violences trouvent principalement leur origine dans la pauvreté et la dépendance économique vis-à-vis de leurs partenaires. Pour y remédier, toutes les victimes ont été sensibilisées et encouragées à s’engager dans des activités génératrices de revenus. Aujourd’hui, les VBG sont en nette diminution dans notre zone. Ce sont des propos tenus par Daphrose Ndacayisaba, cheffe de la zone Buhiga, en commune Ngozi, province de Butanyerera, lors d’une interview accordée au journal «Le Renouveau du Burundi».
Selon Daphrose Ndacayisaba, bien que les violences basées sur le genre existent encore dans sa zone, elles ont considérablement diminué. Elle précise que les principales victimes restent les femmes et jeunes filles, tout en soulignant que les hommes peuvent également en être victimes. Mme Ndacayisaba martèle que, ces violences sont souvent liées à la pauvreté, qui pousse certaines femmes à dépendre entièrement de leurs partenaires, créant ainsi des situations propices aux abus. Quant aux jeunes filles, elles sont parfois contraintes de chercher des moyens financiers par des voies inappropriées, ce qui les expose notamment aux grossesses non désirées ou d’autres abus. Elle ajoute également que le manque d’éducation familiale constitue un autre facteur aggravant, car, a-t-elle dit, certains parents ne prenant plus le temps dsuffisant pour dialoguer avec leurs enfants.
Des sensibilisations sur le respect mutuel dans les foyers ont été faites
Pour faire face à cette situation, Mme Ndacayisaba souligne qu’ils ont d’abord mis l’accent sur la lutte contre la pauvreté en encourageant les groupes vulnérables à s’investir dans des activités génératrices de revenus et se regrouper en coopératives afin de faciliter l’accès aux capitaux de départ. Par ailleurs, a-t-elle renchéri, des séances de sensibilisation ont été organisées à l’intention des femmes afin de les rappeler leurs responsabilités familiales, les inciter au respect mutuel au sein du foyer et préserver leur dignité.
D’autres actions selon la cheffe de zone Buhiga consistent à régulariser les unions non reconnues légalement et enregistrer les enfants non déclarés à l’état civil. Pour éliminer les VBG, elle appelle les parents à renforcer l’éducation familiale pour inculquer les valeurs culturelles aux enfants et encourager les jeunes à s’engager dans le travail, afin de réduire leur vulnérabilité, notamment celle des jeunes filles face aux abus. Par la suite, elle exhorte en outre les hommes à abandonner la consommation excessive de boissons fortement alcoolisées, soulignant que l’ivresse entraîne souvent une perte de contrôle et conduit à des violences au sein des familles.
Les boissons produites localement contribuent à l’augmentation des VBG
De leur côté, certains des habitants la zone Buhiga interrogés par «Le Renouveau du Burundi» precisent que les boissons alcoolisées produites localement communément appelées « Isarabwayi», contribuent à l’augmentation des VBG. Selon eux, les consommateurs commettent souvent des actes répréhensibles sous l’effet de l’alcool. Bien qu’ils saluent les mesures prises par les autorités de la province de Butanyerera visant à réglementer la vente de ces boissons, ils sollicitent le retrait sur le marché ou la vente à des prix élevés afin d’en limiter l’accès aux personnes à faibles revenus.
Clovis Dusabe
