
Le Burundi est nommé membre du Bureau de l’Union africaine (UA) par le 36è Sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement tenu du 18 au 19 février 2023 à Addis-Abeba. La même conférence a nommé le président du Burundi champion de l’UA pour l’Agenda Jeunesse, paix et sécurité. Quelle est la portée de ces événements ? Quels sont les gains pour les Burundais ? Willy Nyamitwe, ambassadeur représentant permanent du Burundi auprès de l’UA nous en parle plus dans une interview qu’il a accordée au journal Le Renouveau du Burundi le mardi 28 février 2023, au cours de son séjour au Burundi.
Le Renouveau (L.R) : Le Burundi est nommé membre du Bureau de l’Union africaine (UA) et le président du Burundi champion de l’UA pour l’Agenda jeunesse, paix et sécurité. Quels sont les gains pour le Burundi ?
Ambassadeur Willy Nyamitwe (Ambassadeur Nyamitwe) : Le premier gain est que le président a été élu dans le Bureau de l’UA. Cela signifie que parmi les cinq chefs d’Etat qui président l’UA, le président du Burundi y figure. L’Afrique étant composée de 5 régions, le Burundi est placé dans la région centrale dans la configuration de l’UA. Chaque région doit être représentée au Bureau de l’UA et c’est le président du Burundi qui représente l’Afrique centrale au Bureau de l’UA. C’est un gain parce que celui qui est membre du Bureau participe à la prise de décision et à l’organisation globale de l’UA.
Un autre gain, le plus important c’est que le président du Burundi a été nommé champion de l’UA pour l’Agenda jeunesse, paix et sécurité. Il devient le promoteur de ce programme. Chaque fois qu’il y a un sommet ordinaire des chefs d’Etats, c’est le promoteur qui présente le rapport de tout ce qui a été fait dans la promotion de cet agenda. C’est très important parce que quand vous êtes au Bureau de l’UA c’est pour un exercice donné souvent pour une année mais quand vous êtes promoteur d’un programme c’est à vie, même quand il ne sera plus chef d’Etat c’est lui qui continuera à en être le promoteur.
L.R : La jeunesse burundaise et le Burundi auront donc toujours quelqu’un au sein du comité ?
Ambassadeur Nyamitwe: Exactement, il sera au sein de l’ossature de l’UA qui sera en train de promouvoir l’Agenda Jeunesse, paix et sécurité. Et comme l’Afrique est à plus de 70% jeune, il faut comprendre que c’est un gain plus important parce que celui qui est appelé au Burundi «Ami des jeunes» maintenant il a ce surnom pour les jeunes de tout le continent. Les chefs d’Etat ont trouvé que c’est mieux que ce soit lui le leader de toute cette jeunesse, que ce soit lui qui guide les jeunes vers la promotion de la paix et de la sécurité.
L.R : Autrement dit la jeunesse burundaise est aussi championne d’Afrique ?
Ambassadeur Nyamitwe: C’est un autre gain pour le Burundi. Au-delà d’être dans le Bureau de l’UA et du fait que le chef de l’Etat nommé champion, Bujumbura est maintenant la capitale de la jeunesse africaine, c’est déjà endossé par les chefs d’Etat. Cette idée était venue dans la déclaration de Bujumbura du 23 avril 2022 qui a été approuvée, entérinée, validée par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA qui est l’organe le plus important de l’UA en matière de prévention, de résolution et de gestion des conflits. Le Conseil a également recommandé que, le dialogue continental de la jeunesse africaine sur «Jeunesse, paix et sécurité» se déroule annuellement à Bujumbura. En d’autres mots, ils ont conclu que finalement, vu ce que le Burundi est en train de faire en faveur de la jeunesse, vu l’exemple du Burundi, vu les efforts que fourni le président du Burundi pour que la jeunesse puissent être impliquée dans la promotion de la paix, dans la construction d’une Afrique que nous voulons, nos souhaits est que là où la déclaration a été adoptée, c’est là où il y aura lieu chaque année le dialogue continental.
L.R : Tout ce qui se passe aujourd’hui pour le Burundi et compte tenu de son passé qu’est-ce que cela peut signifier ?
Ambassadeur Nyamitwe : Que la jeunesse burundaise soit finalement le leitmotiv de ce que doit devenir l’Afrique de demain. La jeunesse burundaise, c’est le leader de toute la jeunesse africaine. Les actions posées en faveur de la jeunesse burundaise à échelle nationale, autrement dit à petite échelle devraient être dupliquées à grande échelle, au niveau continental. Nous avons une banque des jeunes. C’est une première en Afrique, aucun autre Etat africain n’a une banque des jeunes. Les banques comme les banques burundaises dans le temps, comme d’autres banques africaines ont des composantes et des programmes jeunesse mais une banque avec un code Swift, avec un code Iban, une banque organisée entièrement en faveur des investissements des jeunes n’existe nulle part ailleurs qu’au Burundi.
Nous avons aussi le programme des coopératives, un grand chantier du chef de l’Etat qui est en train d’impulser un mouvement contraire à l’exode rural. La jeunesse est en train de quitter les villes et de retourner au village parce que c’est là où se trouve le business maintenant. Cela a créé une stabilité politique au Burundi. Dans le temps, vous entendiez parler de chicaneries politiques entre jeunes affiliés aux partis politiques maintenant cela n’existe presque plus au Burundi. Le Burundi figurait dans beaucoup de rapports d’alerte précoce de l’UA, chaque jour on disait voilà le torchon brûle entre les jeunes de tel parti politique et d’autres partis politiques mais maintenant aucun rapport ne fait état du Burundi et de ces actes de chicaneries et de déchirures politiques parce que les jeunes sont beaucoup plus occupés à s’auto développer, à développer leurs familles, à développer leurs pays plutôt que d’aller se battre. C’est un autre gain qui ouvre largement les portes du Burundi vers le monde et pour le monde parce que le monde entier va converger vers le Burundi pour le dialogue continental qui, au-delà de l’Afrique, intéresse tous les pays et tous les Etats y compris les Nations unies. Tout le monde va venir au Burundi parce qu’il y a les partenaires qui veulent financer ce programme, qui vont se déployer au Burundi et les jeunes burundais vont sortir du Burundi pour aller servir d’exemple, témoigner de leur expérience burundaise pour aller inspirer aux autres jeunes. C’est une porte ouverte pour le Burundi, afin d’ attirer les investissements, les touristes mais aussi une grande visibilité pour le Burundi. Il faudrait que les Burundais le sachent, beaucoup de Burundais ne savent pas que maintenant Bujumbura devient la capitale de la jeunesse africaine.
L.R : Est-ce que le Burundi a les conditions requises pour abriter un événement d’une si grande importance ?
Ambassadeur Nyamitwe : Nous avons déjà accueilli un dialogue continental en Avril 2022. C’était en mode hybride, certains jeunes ont participé localement et d’autres en ligne. Cette année, nous nous organisons pour accueillir encore une fois le dialogue continental sous réserve de la date que le champion Ami des jeunes aura décidée compte tenu de son agenda et aussi de l’agenda de tout le continent. Ce sont des réunions qui deviennent comme statutaires au sein de l’UA donc elle ne doit pas se tenir au même moment qu’une autre réunion. Quant aux infrastructures, nous avons la capacité d’accueillir la jeunesse africaine mais nous devons aussi les améliorer. J’ai rencontré le ministre des infrastructures hier qui m’a dit qu’ils sont déjà à pieds d’œuvre pour avancer dans le renforcement des infrastructures. Au fil des années, le Burundi continuera à améliorer sa capacité d’accueil pour avoir des infrastructures adaptées à la fois pour les conférences et aussi pour d’autres activités qui pourraient contribuer à la promotion de ce programme Jeunesse, paix et sécurité de l’UA.
L.R : Le chef de l’Etat burundais devient ami des jeunes au niveau continental, quelles sont les forces qu’il a pour réussir ce pari ?
Ambassadeur Nyamitwe : C’est dans sa personnalité, il est ami des jeunes. L’amitié, on ne force pas, c’est spontané, c’est naturel, il est de nature ami des jeunes. Il est aussi de nature très ouvert et il est de nature très humble. C’est le seul chef d’Etat qui était invité par la jeunesse africaine dans la première réunion publique tenue en marge d’un sommet ordinaire de l’UA. C’est parce que les jeunes trouvent en lui un modèle à suivre, quelqu’un qui peut inspirer la jeunesse et cela figure dans sa façon d’être. Notre président a un franc parler, il a une humilité légendaire, il n’hésite pas à donner son numéro de téléphone à qui veut l’avoir.Bref, cette proximité surtout envers la jeunesse lui donne des atouts qui l’aideront à réussir cette tâche. Elle est lourde mais, il peut la porter sur ses épaules. Il porte d’autres tâches plus lourdes sur ses épaules donc ce n’est pas cette tâche qui pourra lui être d’une complication particulière pour qu’il ne puisse pas parvenir à répondre aux aspirations de la jeunesse africaine.
L.R : Il faut que les Burundais prennent conscience de cet honneur et qu’est-ce qu’ils doivent faire concrètement pour soutenir leur leader ?
Ambassadeur Nyamitwe : Répondre à son appel. L’appel du président burundais lancé à tous les concitoyens est qu’ils soient des travailleurs assidus. Il y a beaucoup à faire, il y a du travail au niveau du ministère ayant la jeunesse dans ses attribution, du travail envers tous les jeunes parce que si les jeunes burundais sont considérés comme un modèle en Afrique, il faut qu’ils le deviennent pas seulement en paroles mais en actes, il faut qu’ils continuent à prouver qu’ils peuvent être cette lumière qui brille et qui éclaire la vision d’autres jeunes africains. Tout le monde est appelé à accompagner le chef de l’Etat, il ne peut pas tout faire seul. Il a besoin de conseillers solides qui peuvent mettre en œuvre sa vision. Il a besoin que le ministère en charge de la jeunesse fasse tout pour suivre la feuille de route de cet agenda Jeunesse, paix et sécurité de l’UA, que le ministère l’intègre au quotidien, ainsi que la presse doit continuer à suivre et à informer la population burundaise, africaine et l’opinion internationale sur tout ce qui est en train d’être fait dans le cadre de promouvoir cet agenda de l’UA.
L.R : Nous parlons de la place de choix qui est réservée au Burundi en Afrique et dans le monde. Le Burundi, notamment son président a beaucoup d’agendas ; il est président des pays de la CAE, de la CEEAC en 2025,il est membre du Bureau de l’UA, il est en même temps promoteur de ce programme Jeunesse, paix et sécurité. Est-ce que ces tâches, va-t-il les assumer aisément toutes ?
Ambassadeur Nyamitwe : Vous avez oublié que l’année prochaine en 2024 si rien ne change, le chef de l’Etat burundais présidera le Comesa et en 2026, l’UA. Par exemple en sa qualité du président en exercice de la CAE, il est en train de se donner corps et âme pour aider dans la résolution des conflits à l’Est de la RDC. Tout comme étant dans le Bureau de l’UA, il travaillera d’arrache-pied pour donner sa contribution dans la résolution des conflits qui sont en train d’endeuiller plusieurs pays d’Afrique. C’est cela le leadership, c’est une vision, c’est la capacité d’orienter les gens et de leur donner les voies à suivre et de leur procurer les moyens de pouvoir arriver à leurs fins.
On ne peut pas dire que c’est beaucoup de choses à la fois, même si il lui était demandé de présider d’autres instances de l’UA ou des Nations unies, je ne pense pas qu’il puisse refuser parce que c’est un homme très assidu, travailleur et qui continue à gagner la confiance de toute la communauté internationale. Nul doute que toutes les tâches qui sont mises sur ses épaules pourront être réalisées sans difficultés.
L.R : Justement Monsieur l’ambassadeur, vous représentez votre pays le Burundi au sein de l’UA où se prennent beaucoup de décisions qui engagent l’avenir du continent africain, un continent qui est ravagé par les conflits armés, la pauvreté et beaucoup d’autres problèmes mais, encore une fois, qui parle de développement de son peuple. Avec votre expérience qui n’est pas des moindres, est-ce que vous pensez que l’Afrique va être à la hauteur d’atteindre ses objectifs ?
Ambassadeur Nyamitwe : C’est la raison pour laquelle, la nouvelle donne est d’impliquer la jeunesse pour plusieurs raisons. La première étant que, quand on parle de conflits, ceux qui sont au front, sont des jeunes parce qu’ils sont d’abord en difficultés et la pauvreté. Aussi longtemps que les jeunes seront sans espoir, ils pourront être toujours recrutés par des groupes terroristes ou d’autres groupes de malfaiteurs ou des politiciens véreux qui vont toujours les entrainer vers des fins sectaires. La nouvelle donne, c’est d’autonomiser la jeunesse, que la jeunesse puisse être utilisée non pas dans la destruction de l’Afrique moderne mais dans la construction d’une Afrique que nous voulons. D’où l’agenda 2063 de l’UA pour qu’à l’horizon 2063, l’Afrique soit un continent exempt des conflits armés, de terrorisme, un continent paisible et développé. C’est la raison pour laquelle la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) est en train d’être mise en œuvre. Cette année, les Etats africains sont appelés à fournir encore plus d’effort pour mettre en place la (Zlecaf), que les échanges des biens entre Africains, que les échanges commerciaux entres les pays africains puissent être renforcés, que l’Afrique commerce avec l’Afrique, que celui qui veut importer des biens au lieu de penser à l’Europe qu’il pense à un autre Etat africain qui produit. Et, si les jeunes s’impliquent, cela va créer des opportunités, des emplois et cela va nous entrainer vers une autre dynamique qui poussera l’Afrique à se développer.
Donc, à votre question je réponds positivement que l’Afrique, nous pouvons y arriver, nous sommes à pied d’œuvre et les progrès sont tangibles. L’Afrique d’aujourd’hui n’est pas comme l’Afrique d’hier. Avec tous les programmes et toutes les initiatives qui vont propulser l’Afrique, nul doute que nous arriverons à des résultats appréciables. C’est pour cette raison que le Burundi va jouer un rôle très important comme leader de cette jeunesse, comme promoteur de ce programme pour que les jeunes soient embarqués dans une autre guerre comme aime le dire le président Ndayishimiye, dans une autre guerre qui ne tue pas mais dans une guerre qui sauve, celle de la production et du développement.
L.R : Vous comptez donc exporter l’expérience burundaise en matière de réconciliation, en matière de consolidation de la paix au sein de l’UA et de la jeunesse africaine ?
Ambassadeur Nyamitwe : Bien-sûr, le président a déjà commencé. Il y a eu une réunion à Addis-Abeba à propos des processus de Luanda et de Nairobi. La réunion concernait la situation à l’Est de la RDC. Le président du Burundi a donné des propositions concrètes tirées de l’expérience burundaise. Par exemple, il parlait de mécanisme de suivi disant que si nous voulons réussir nous devons mettre sur pied un mécanisme de suivi. On ne peut pas prendre des décisions et attendre que les gens mettent en application ces décisions sans qu’il y ait de mécanisme de suivi et d’évaluation. C’est une expérience burundaise qui est en train d’être expérimentée ailleurs pour voir si on peut arriver à des résultats comme ceux qu’on a atteint au Burundi où maintenant la guerre est terminée, il n’y a aucun maître carré du Burundi qui soit en proie à des affres de la guerre, partout sur le sol burundais, les gens peuvent se mouvoir comme ils veulent, toutes les églises sont ouvertes, toutes les écoles sont ouvertes, toutes les routes passent de jour comme de nuit, on peut aller où on veut, toutes les boutiques et tous les marchés sont ouverts, c’est une grande expérience qu’on peut dupliquer dans d’autres pays africains pour que les pays soient paisibles et les populations vaquent à des activités d’auto développement plus tôt que dans des activités qui sapent la paix et la quiétude des populations.
L.R : Vous venez d’évoquer les conflits à l’Est de la RDC, la CAE est très impliquée, elle a même déployé une force armée mais la population congolaise s’impatiente. Elle pensait qu’avec l’arrivée de la force de la CAE, le conflit sera terminé et que le M23 sera délogé mais jusqu’à présent c’est le statuquo, le M23 continue de progresser. Est-ce que vous pensez que la communauté à des chances de réussir et de ramener la paix à l’Est de la RDC afin que toute la région soit sécurisée ?
Ambassadeur Nyamitwe : Il y a eu deux réunions très importantes au cours du mois de février 2023. En marge du sommet de l’UA, il y a eu cette réunion de la région le matin du 17 et il y a eu une réunion du Conseil de paix et sécurité de l’UA le même jour, le soir. Les décisions ont été prises et des recommandations ont été émises. Tout le monde est en train d’applaudir. Les décisions sont dans le sens d’améliorer la situation des populations à l’Est de la RDC et de résoudre d’une manière durable le conflit qui déchire cette partie de l’Afrique. Attendons donc, la mise en œuvre de ces décisions et recommandations.
L.R : Qu’est-ce que vous conseillez aux Africains afin qu’ils puissent vivre en harmonie ?
Ambassadeur Nyamitwe : Pour vivre en harmonie, il faut qu’on se souvienne d’abord qu’on est Africain. Les pères fondateurs de l’UA voulaient une Afrique unie avec elle-même, réconciliée avec elle-même. Aujourd’hui les Africains se déchirent entre eux, c’est inconcevable! Ce qui se passe à l’Est de la RDC, au Nigéria, en Somalie, en Lybie, ce sont des Africains qui sont en train de s’entredéchirer. Les Africains devaient comprendre qu’un Africain est avant tout un frère. Nous devons arriver à un stade d’harmonisation de notre vision de l’Afrique. Nous devons nous auto développer et partir ensemble vers un même objectif de vivre ensemble, de la tolérance mutuelle afin d’avoir une meilleure vie pour toutes les populations d’Afrique, c’est ce qui est important.
L.R : Quelles sont vos sentiments en tant que Burundais par rapport à cet honneur dont le Burundi est gratifié ?
Ambassadeur Nyamitwe : Je vais le dire d’abord en tant qu’ambassadeur représentant permanent du Burundi auprès de l’UA. C’est un travail en synergie avec toute une équipe de diplomates se trouvant à Addis-Abeba qui sont très compétents et très professionnels mais aussi avec le ministère des Affaires étrangères sous les conseils du ministre des Affaires étrangères et de la coopération au développement, Albert Shingiro qui est un diplomate qui a fait ses preuves aux Nations unies et à l’UA mais aussi en collaboration avec les ambassadeurs du Burundi aux Nations unies et à l’Union européenne, le ministère de la jeunesse ainsi que d’autres personnes car nous avons toujours demandé des conseils. Et tout ce travail en synergie voilà ce qu’il produit. En tant que représentant permanent du Burundi auprès de l’UA, je sens une grande fierté, je me dis comme cela arrive au moment où c’est moi qui suis là à la manette, c’est un grand honneur !
Comme citoyen burundais, vous savez le temps que nous avons passé étant un peu à l’écart, maintenant c’est nous qui sommes à la tâche et aux affaires. C’est nous qui sommes en train de modeler, de donner le ton à tout le continent et bien, c’est une grande fierté. Là où je suis, je me sens à l’aise, je dors d’un sommeil profond et je me réveille avec une fierté ajoutée à la fierté d’hier. Je sens que partout où je passe, le Burundi est connu, il est respecté. Etant au Bureau de l’UA, au niveau des ambassadeurs, je suis dans le bureau, au niveau des ministres, notre ministre est dans le bureau et au niveau des chefs d’Etat, le président burundais est dans le bureau. Cela montre que partout où nous passons nous inspirons confiance et nous forçons le respect qui manquait à un certain moment, il y a des gens qui commençaient même à avoir peur de dire qu’ils sont Burundais. Tout le monde va marcher la tête haute en disant : « je suis Burundais».
Propos recueillis par
Grâce-Divine Gahimbare et
Festin Ntiyumvamabwire