La Journée internationale des droits de la femme, célébrée chaque année le 8 mars à travers le monde, a été commémorée au Burundi le lundi 9 mars 2026 au stade Ingoma de Gitega. Les cérémonies ont été rehaussées par la présence du chef de l’État, Evariste Ndayishimiye, accompagné de la Première dame, ainsi que de hautes autorités du pays représentant les différentes institutions nationales à commencer par le président du Sénat, Gervais Ndirakobuca, le Vice-président de la République, Prosper Bazombanza, le Premier ministre, Nestor Ntahontuye ainsi que d’autres hautes autorités dont les membres du gouvernement et les parlementaires.

Les festivités ont débuté par un long défilé des femmes venues de divers secteurs de la vie nationale, notamment des institutions publiques et du secteur privé. Dans une ambiance marquée par la fierté et l’enthousiasme, les participantes ont exhibé des pancartes illustrant les progrès enregistrés dans la promotion des droits de la femme et leur contribution au développement du pays. Ledit défilé s’est clôturé par la participation des jeunes filles et des femmes œuvrant dans les corps de défense et de sécurité, suscitant l’admiration du public.
Revenant sur le thème de cette édition, « Le rôle de la femme dans la promotion des droits et d’une justice pour tous», le président de la République, Evariste Ndayishimiye, a rappelé que les institutions de l’État demeurent garantes de ces principes. Selon lui, les femmes occupant déjà des postes de responsabilité dans l’administration publique sont appelées à servir d’exemple dans la promotion de l’équité et de la justice.
Certains défis à l’épanouissement de la femme sont liés à la coutume burundaise, en phase d’être levés
Concernant les défis qui subsistent dans le domaine de la justice, où certaines femmes estiment ne pas toujours obtenir réparation équitable, le chef de l’État a indiqué que certaines pratiques trouvent leur origine dans des traditions profondément ancrées dans la société, ce qui rend les réformes parfois difficiles à opérer rapidement. Il a toutefois annoncé que le ministère de la Justice organise actuellement des consultations avec différentes catégories de la population afin de parvenir à une compréhension commune des réformes envisagées.
S’exprimant également sur la représentation des femmes dans les instances dirigeantes, le président Ndayishimiye a souligné que les postes de responsabilité restent limités et que les personnes qui y accèdent sont choisies parmi un grand nombre de candidats. « Les femmes et les hommes sont à égalité des chances ; il n’existe pas de postes réservés exclusivement aux femmes. Les Burundaises doivent continuer à démontrer leurs capacités afin que la nation leur confie davantage de responsabilités », a-t-il fait savoir.

Pour encourager les femmes à persévérer, le chef de l’État a évoqué certaines figures historiques du pays, notamment Inamujandi, qui s’est opposée à la domination coloniale, ainsi que Ririkumutima, qui assuma la régence après la mort du roi alors que son successeur était encore mineur. Il a invité les femmes à s’inspirer de ces modèles de courage et à s’affirmer, même dans les situations difficiles.
Le président de la République a également annoncé l’organisation prochaine de séances de sensibilisation sur la vision de la famille burundaise de demain. Il a souligné que cet objectif ne peut être atteint sans une relation harmonieuse entre l’homme et la femme au sein du foyer, insistant sur le rôle déterminant de la femme dans la consolidation de la famille.
Peu avant, Madeleine Bamwizere, vice-présidente du Forum national des femmes, avait salué les progrès enregistrés dans la promotion de la femme au Burundi. Elle a notamment cité la confiance accordée aux femmes dans l’occupation de hautes fonctions de l’État, y compris dans des domaines qui leur étaient auparavant peu accessibles, tels que la magistrature suprême ou les postes de direction dans certaines institutions stratégiques.

Ces cérémonies ont également été marquées par la remise de certificats de reconnaissance aux personnes qui se sont particulièrement distinguées dans la promotion des droits de la femme. La Première dame, Angeline Ndayishimiye, a été classée en tête pour ses actions en faveur de la santé de la femme et de la reproduction surtout contre l’infertilité. Grâce aux initiatives de la fondation Bonne Action Umugiraneza, qu’elle dirige, plusieurs couples confrontés à des problèmes d’infertilité ont pu bénéficier d’une prise en charge médicale leur permettant aujourd’hui d’avoir des enfants.
Amédée Habimana
