L’Association des chirurgiens dentistes du Burundi (ACDB) en collaboration avec le ministère de la Santé publique a organisé du 27 au 28 août 2026, un congrès scientifique dentaire. Les interventions se sont articulées sur l’intégration de la santé bucco-dentaire dans la couverture sanitaire universelle.

Dans son mot d’ouverture, l’assistant a.i du ministre de la Santé publique, Julien Kamyo a fait savoir que pendant longtemps, la santé buccale a été reléguée au rang de soin secondaire. Cette vision est, désormais, révolue à cause du fardeau des maladies non transmissibles et aux coûts financiers qui pèsent sur les ménages. Pour ce faire, le gouvernement du Burundi fait le choix de l’anticipation, de la prévention et de l’efficience. C’est dans cette optique que pour concrétiser son engagement, le ministère de la Santé publique prévoit différentes activités à l’horizon 2028-2030. Il s’agit, entre autres, de l’intégration opérationnelle dans les soins primaires. Il a précisé que d’ici décembre 2027, le ministre va intégrer un paquet minimum d’activités bucco-dentaires dans 100% des centres de santé publics du pays, en formant au moins un agent référent par structure. Il a ajouté qu’il y a une politique d’éducation et de prévention précoce.
Il a signalé que d’ici la rentrée scolaire 2027, en partenariat avec le ministère en charge de l’éducation, le ministère en charge de la santé déploie un programme national d’hygiène bucco-dentaire ciblant 80% des écoles primaires, afin de stopper la carie dentaire dès le plus jeune âge. Il a aussi ajouté que le ministère mettra en place un registre national numérisé de santé bucco-dentaire pour avoir des données précises pour rationaliser les allocations budgétaires. Dr Kamyo a signalé que ledit ministère a prévu le renforcement du capital humain: « D’ici 2030, nous visons le recrutement et la répartition équitable de cinquante nouveaux chirurgiens-dentistes et spécialistes dans les hôpitaux provinciaux et districts, afin de réduire la fracture sanitaire territoriale », a-t-il précisé.
Pour ce faire, il a affirmé qu’investir dans la santé bucco-dentaire, c’est protéger le pouvoir d’achat des familles, préserver la productivité de l’économie et garantir la dignité des citoyens.
Les maladies bucco-dentaires sont à l’origine d’une charge pour la santé
Quant au délégué de l’OMS au Burundi, Jim Thierry Ntwari, les maladies bucco-dentaires, pourtant évitables, sont à l’origine d’une importante charge pour la santé dans de nombreux pays: « on estime que près de 3,7 milliards de personnes sont touchées par des infections bucco-dentaires et les caries non traitées constituent l’infection la plus courante », ajoute-t-il. Il a, de ce fait, fait savoir qu’il est possible de réduire la charge des maladies bucco-dentaires par des interventions de santé publique ciblant leurs facteurs de risque communs notamment la promotion d’une alimentation équilibrée, l’arrêt de la consommation de tabac et d’alcool ainsi que la promotion du port d’équipements de protection lors des déplacements à vélo et à moto, afin de réduire le risque de traumatisme de la face.
Il a salué les efforts du gouvernement du Burundi qui a déjà intégré la santé bucco-dentaire dans la gestion d’autres maladies non-transmissibles. Il a, pour ce faire, apprécié l’engagement de l’OMS à accompagner les initiatives visant la prévention, le traitement des affections bucco-dentaires et surtout par le biais d’un système de santé renforcé et reposant sur les soins de santé primaires.
Rose Mpekerimana
