Face à la menace épidémique régionale, le ministère de la Santé publique, appuyé par Africa CDC, a lancé le lundi 17 août 2026 à Bujumbura un atelier de formation de cinq jours destiné aux prestataires de soins de Mudubugu. Axée sur la prévention et le contrôle des infections (PCI) ainsi que la prise en charge de la maladie à virus Ebola (MVE), cette initiative vise à renforcer la préparation stratégique du pays face aux urgences sanitaires.

(Photo : Jean Marie Ndayisenga)
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, a averti que face à une pathologie hautement virulente au taux de létalité élevé et en raison de l’intensité des échanges transfrontaliers, le risque d’importation sur le territoire national demeure particulièrement élevé. Il a réaffirmé que la protection des citoyens reste la priorité absolue, inscrivant cette session organisée par le Centre des opérations d’urgence de santé publique, avec l’appui de l’INSP et d’Africa CDC, dans une dynamique de vigilance et de riposte préventive.
Des compétences stratégiques pour les soignants de Mudubugu
S’adressant à ceux qui sont en formation pour le centre de prise en charge de Mudubugu et aux agents déployés au Centre de traitement des épidémies , M. Nkezabahizi a insisté sur leur rôle clé de première ligne de défense contre l’intrusion des virus hémorragiques. Il a souligné que l’objectif majeur est de leur transmettre des connaissances théoriques et des savoir-faire pratiques pour agir efficacement et en sécurité. Selon lui, du 17 au 21 août 2026, les participants aborderont la surveillance épidémiologique, les définitions standardisées de cas, l’investigation, le diagnostic précoce ainsi que la gestion digne et sécurisée des dépouilles mortelles. Des exercices pratiques de simulation, incluant l’hygiène des mains et le port/retrait rigoureux des équipements de protection individuelle (Epi), consolideront ces apprentissages.
Une prise en charge globale et un engagement pérenne
De son côté, le représentant pays d’Africa CDC, Jean Bosco Girukwishaka, a rappelé que la préparation doit se construire en permanence et non s’improviser au déclenchement d’une crise. M.Girukwishaka a également précisé que la prise en charge d’un patient doit s’inscrire dans une approche globale englobant les dimensions cliniques, nutritionnelles et psychosociales, du triage jusqu’à la guérison. Il a exhorté les prestataires à transformer ces contenus théoriques en réflexes professionnels vitaux pour protéger soignants et communautés. M.Girukwishaka a réitéré l’engagement d’Africa CDC et de l’OMS à accompagner ce ministère pour pérenniser la résilience du système de santé burundais.
Jean Marie Ndayisenga
