
Le ministère de la Santé, à travers le PNSR (Programme national de la santé de la reproduction) en collaboration avec la Conamus (Confédération nationale des mutuelles communautaires de santé) a organisé, du 28 au 29 octobre 2026, une campagne de dépistage et traitement gratuits des lésions précancéreuses du col de l’utérus pour les femmes de 30 ans et plus de la province de Butanyerera.
La campagne s’est déroulée dans huit hôpitaux à savoir Ngozi, Kiremba, Musenyi, Kayanza, Musema, Gahombo, Kirundo et Mukenke. Interrogé à propos, le médecin provincial à Butanyerera, Dr Guillaume Ntawukiriryayo a qualifié les résultats d’une situation alarmante. « Au premier jour, plus de trois cent onze femmes ont été dépistées. Dans toutes les régions sanitaires, des cas positifs ont été recensés totalisant ainsi 11% de cas dépistés pour la seule première journée ».
Comme indiqué, parmi les cas testés positifs, 4% ont manifesté des symptômes précancéreux avancés. Le traitement de ces 4% nécessite le transfert dans les structures sanitaires spécialisées. « Ce taux est très élevé», a regretté le médecin provincial.
Fort heureusement, Dr Ntawukiriryayo a indiqué que celles qui ont été testées positives, avec des symptômes du niveau primaire ont bénéficié d’un traitement médical gratuit. Pour celles présentant les symptômes avancés, le gouverneur de Butanyerera Victor Segasago a donné des directives aux communes pour qu’elles soient facilitées à accéder aux soins de qualité.
Une participation massive dépassant la capacité d’accueil
Dans tous les centres de dépistage, une forte présence des femmes âgées de plus de 30 ans a été observée. Selon des témoignages recueillis sur place, certaines femmes ont dû passer la nuit à l’hôpital pour espérer bénéficier de ce dépistage. Face à cette question, le médecin provincial a affirmé « la participation inattendue à un taux élevé, ce qui a dépassé largement les capacités d’accueil ».
A l’hôpital de Kiremba, l’ intervention des médecins venus de l’hôpital de Ngozi n’a pas permis d’accueillir toutes les femmes qui se sont fait enregistrer jusqu’au dernier jour de la campagne. « Nous nous sommes convenus avec la Conamus, de prolonger d’un jour, la campagne de dépistage sur cet hôpital », a martelé Dr Ntawukiriryayo.
Interrogé à ce propos, Béatrice Niyonzima, directrice de Conamus a indiqué que le financement de cette campagne s’inscrit dans l’objectif de cette Confédération, de permettre à toute les couches de la population, à accéder aux soins de santé de qualité. « Le dépistage du cancer du col de l’utérus ne se fait pas souvent. Nous y avons pensé dans l’objectif d’accompagner ces femmes en tant que piliers des ménages ».
Une vaste campagne nationale est nécessaire
Se basant sur les résultats de la première journée, le médecin provincial à Butanyerera a indiqué à la presse, que des leçons ont été tirées. « Des symptômes du cancer du col de l’utérus ont été recensés dans toutes les structures sanitaires de notre province ». Il a affirmé qu’un rapport va être transmis aux instances habilitées notamment le ministère de tutelle, pour qu’une vaste campagne nationale puisse être organisée.
Aux femmes qui ont peur d’être dépistées, ce médecin leur a rappelé que le cancer du col de l’utérus est traité et guéri s’il est détecté précocement.
Le gouvernement du Burundi a procédé, le 29 avril 2026, au lancement officiel de l’introduction du HPV (vaccin contre le virus du papillome humain) dans le Pev (Programme élargi de vaccination). Une campagne de vaccination des filles âgées de 9 à 14 ans a été organisée.
Au Burundi, selon Global Cancer Statistics 2022, le cancer du col de l’utérus est l’un des plus fréquents avec 1 457 nouveaux cas (soit 18,8 % de tous les cancers diagnostiqués chez les femmes) et 1 081 décès liés à ce cancer la même année.
Moïse Nkurunziza
