Le 5 octobre, le monde a dédié cette journée aux enseignants pour montrer leur rôle crucial dans la transformation de l’éducation. Au Burundi, certains enseignants affirment que cette journée est peu connu par les concernés. Mais, ils affirment que leur rôle pour promouvoir l’éducation de qualité est incontournable. Et ils soulignent qu’à cet effet,des séances de sensibilisation sont nécessaires pour que cette Journée soit célébrée dans l’objectif de valoriser ce métier noble et important dans le développement du pays. Ce sont les avis recueillis le lundi 5 octobre 2026 auprès de certains enseignants.
Selon Espérance Kamikazi, directrice du lycée municipal Gikungu, le rôle des enseignants est primordial dans la promotion de l’éducation de qualité et dans le développement du pays. Elle a précisé que les enseignants devraient être valorisés selon les efforts fournis car ils rencontrent des défis dans leur métier. En ce qui concerne la Journée mondiale des enseignants, elle a souligné que certains se rappellent de cette journée seulement s’ils l’entendent à la radio, et d’autres ignorent son existence. Pour notre interlocutrice, des séances de sensibilisation, sont nécessaires pour que cette journée soit reconnue par tout le monde, et surtout les enseignants. Aussi, elle a ajouté que le gouvernement, à travers le ministère en charge de l’éducation, devrait organiser des activités pour célébrer cette journée afin que tous les enseignants connaissent son origine. « Cette journée devrait être une occasion d’encourager les enseignants car ils travaillent très dur et rencontrent des difficultés tous les jours. Mais, elle passe inaperçu que ce soit au niveau du ministère ou au niveau des enseignants eux-mêmes », a-t-elle expliqué. Mme Kamikazi a reconnu que le gouvernement a fait des efforts pour encourager les enseignants au niveau salarial. Mais, il y a encore un chemin à parcourir car leur rémunération est de loin proportionnelle aux efforts fournis.
L’enseignant est peu valorisé dans la société
Nicolas Mpebeye, quant à lui, enseignant au lycée municipal Gikungu, affirme que la Journée mondiale des enseignants est une considérée comme tant d’autres. Pour lui, le métier d’enseignement est négligé au Burundi et l’enseignant n’est pas valorisé à juste titre dans la société. M. Mpebeye a souligné que pour améliorer la qualité de l’éducation, le rôle des enseignants est incontournable. Mais, souvent ils font face à des situations inconfortables par exemple ils ne participent pas à l’élaboration des programmes des cours. « Le volume horaire de certaines matières dont le Français a été réduit alors qu’il est aussi une langue d’enseignement. Aujourd’hui, dans les programmes, on n’insiste plus sur la dictée, les poèmes, récitations alors qu’ils étaient importants dans le renforcement de la langue française», a-t-il déploré.

M .Mpebeye a précisé que les conditions de vie des enseignants ont un impact sur la qualité de l’éducation. Ainsi certains enseignants n’ont plus de temps suffisant pour préparer la matière car ils cherchent un complément de revenu à côté de leur emploi principal. « Aujourd’hui, une maison moyenne de deux chambres et un salon est loué à environ 500 000 FBu par mois. Comment un enseignant qui ne gagne pas cette somme par mois peut-il survivre ? Il doit chercher d’autres moyens de gagner de l’argent et sûrement qu’il y a des répercussions sur la qualité de l’éducation », a-t-il expliqué. Pour notre source, la meilleure façon de valoriser le système éducatif est d’appuyer les enseignants financièrement, c’est-à-dire rehausser leur salaire.
Le métier d’enseignant, une vocation
Pour Jacqueline Nzobonimpa, maitresse responsable à l’Ecofo Stella Matutina, à l’accasion de Journée mondiale des enseignants une rencontre des enseignants est nécessaire. Elle a indiqué que le ministère en charge de l’éducation devrait donner un message à l’accasion de cette journée pour que tous les enseignants soient au courant de cette journée et son objectif. « Il est déplorable de constater que beaucoup d’enseignants ne connaissent pas leur Journée. Mais si cette dernière est célébrée comme on le fait pour les autres journées, tous les enseignants comprendront leur importance dans la société », a-t-elle expliqué. Quant à Odette Nahimana, enseignante à cette école, le métier d’enseignement est très fatiguant. Mais l’enseignant continue à le pratiquer malgré les difficultés rencontrées. C’est pourquoi il est plus à cet effet une vocation qu’un métier. Elle a demandé au gouvernement de soutenir le métier d’enseigant étant donné qu’il est le pilier du développement du pays . Pour cela, chacun devrait comprendre qu’il est important de valoriser l’enseignant afin d’améliorer le système éducatif.

Zabulon Nkurunziza, préfet des études à l’école des sourds Ephphatha, lui aussi abonde dans le même sens que les précédents concernant le rôle des enseignants dans la promotion de l’éducation de qualité. Mais, il a profité de l’occasion pour demander aux autorités habileteés de soutenir ce métier. « Il est nécessaire de mettre à la disposition de l’enseignant le matériel nécessaire pour renforcer l’éducation de qualité », a-t-il conclu.
Fidès Ndereyimana
