Gérer les crises ne suffit pas, il faut Prévenir leurs causes
La CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale) en collaboration avec l’Unesco (Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et culture) et le gouvernement du Burundi a la organisé, le mardi 8 septembre 2026 à Donatus Conference center, un Forum régional de trois jours sur le renforcement de la culture de la paix dans la région de l’Afrique centrale et des Grands lacs. François Havyarimana, ministre de l’Eduction nationale et de la recherche scientifique, a précisé que la paix que l’on veut construire ne se limite pas au silence des armes, mais qu’elle est une œuvre faite de justice, de transparence, de partage et de la dignité retrouvée pour chaque citoyen de la sous-région.

M. Havyarimana a indiqué que les régions d’Afrique centrale et des Grands lacs demeurent confrontées à des défis sécuritaires que nul ne saurait ignorer. Selon lui, une partie de cette région est soumise à un conflit transfrontalier aux lourdes conséquences humanitaires. «Nous recherchons au jour le jour le développement, mais il ne peut y avoir de développement durable sans une paix durable. De même, il ne peut y avoir de paix durable sans une véritable culture de paix», a-t-il rassuré.
M. Havyarimana a rappelé que la paix qu’on veut construire ne se limite pas au silence des armes, mais qu’elle est une œuvre faite de justice, de transparence, de partage et de dignité retrouvée pour chaque citoyen de la sous-région. Selon lui, la paix véritable, c’est une œuvre que l’on construit, que l’on cultive et que l’on entretient chaque jour, à l’instar de l’agriculteur QUI entretient son champ car, elle peut, à tout instant, être remise en cause si l’on cesse d’en prendre soin. «Je veux également, devant vous, réaffirmer l’engagement du Burundi, et je le crois, de toute l’Afrique, en faveur de la pleine participation des femmes à la prévention des conflits», a-t-il souligné. M. Havyarimana a affirmé que l’expérience du Burundi dans la consolidation de la paix constitue un motif d’espoir pour toute la région. «Si le Burundi a accepté d’accueillir ce forum, c’est parce que notre pays connaît, dans sa chaire et dans son histoire, le prix de la paix perdue et la valeur de la paix retrouvée», a-t-il ajouté.
La jeunesse placée au cœur des efforts de construction d’une paix durable
Marcellino Nkoho Mbula, représentant de la CEEAC a indiqué qu’il est essentiel de mettre en place dans chaque pays, un système scolaire qui, au-delà de la formation académique, inculque aux enfants dès leur plus jeune âge, le sens de l’honneur, du patriotisme, de la fierté, de l’amour pour leurs paires et leurs continents avec sa richesse et sa riche diversité culturelle. Il a rappelé que la CEEAC œuvre à la construction d’une véritable architecture régionale de paix et de sécurité. «La CEEAC réaffirme ainsi sa détermination à renforcer la coopération avec la région des Grands-lacs et les autres mécanismes nationaux, afin de transformer nos facultés en opportunités de solidarité et d’action communes», a-t-il affirmé.
Mohamed Elfarnaway, représentant du directeur général de l’Unesco a mis en lumière que pendant près de trois décennies, l’Afrique centrale et la région des Grands-lacs ont été confrontées à des crises complexes. Selon lui, si la diplomatie traditionnelle permet de gérer les urgences, la construction d’une paix durable exige d’agir sur les causes profondes des conflits. «En cohérence avec le mandat de l’Unesco et l’agenda de l’Union africaine, le forum vise à catalyser un changement de paradigme fondamental : passer de la simple gestion de crise à la construction active d’une paix durable, fondée sur la justice sociale, l’inclusion et la cohésion», a-t-il clarifié.
Etienne Nduwimana
