Instaurée en 2006, la politique de gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes a été mise en place pour permettre à ces catégories d’accéder aux soins de santé sans aucun obstacle. Cependant, certaines structures de soins commencent à relâcher petit à petit cette politique. Elles prennent en charge seulement les consultations et certains examens de laboratoire mais recommandent aux malades d’aller chercher les médicaments dans différentes pharmacies. Les autorités de ces structures semblent garder le silence sur ces préoccupations. Mais, le ministre de la Santé publique donne une lueur d’espoir que des conteneurs de médicaments sont en cours de route pour approvisionner les structures de soins. Il signale cependant que les bénéficiaires de la gratuité de soins de santé doivent respecter le système de référence pour une bonne organisation dans leur prise en charge médicale.

« Je ne vois pas à quel saint me vouer. Je me suis réveillée très tôt le matin pour venir ici à l’hôpital de Rumonge puisque mon enfant d’une année à une fièvre qui ne cède pas. Arrivée ici, j’ai fais une consultation chez un médecin généraliste gratuitement. Ce dernier m’a prescrit les examens de laboratoire. Les résultats de ces examens montrent que mon enfant souffre de l’infection du sang. Le médecin m’a prescrit des médicaments que je dois aller chercher dans d’autres pharmacies à l’extérieur de l’hôpital », précise Emmanuella Nibigira, mère d’enfant de moins de cinq ans rencontrée à l’hôpital de Rumonge.
Mme Nibigira se demande si la gratuité des soins chez les enfants de moins de cinq ans est toujours valable puisque dans le circuit de la prise en charge des bénéficiaires de cette gratuité, celle concernant l’achat des médicaments est la plus chère. Elle demande aux autorités sanitaires de vérifier si les structures de soins surtout publiques respectent toujours la politique de la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.
Le nombre croissant des patients cause l’écoulement rapide des médicaments.
Le directeur de l’hôpital Rumonge, Mosse Bamtama fait savoir que sur cet hôpital, les prestataires sanitaires font de leur mieux pour accueillir et soignent les patients qui fréquentent cette structure de soins : « Cet hôpital accueille beaucoup de patients qui viennent se faire soigner. Parmi eux, nous accueillons les bénéficiaires de la gratuité des soins. Des fois, ils viennent des coins les plus reculés. Cela veut dire que beaucoup ne respectent pas le système de référence. Ils viennent directement se faire soigner au sein de notre hôpital. Puisque nous ne pouvons pas les accueillir, cela explique qu’ils bénéficient de la prise en charge qui était prévue pour une autre catégorie de patients qui habitent tout près de l’hôpital », indique M. Bamtama.
Notre source explique que le manque de médicaments dans ledit hôpital est expliqué par l’accueil de nombreux patients qui n’étaient pas prévus avant. Mais, il affirme que les bénéficiaires de la gratuité de soins arrivent souvent à bénéficier de toutes les catégories de prise en charge si les médicaments sont disponibles.
Le directeur de l’hôpital Rumonge profite de l’occasion pour informer ceux qui viennent se faire soigner au sein de cet hôpital que les prestataires de soins ne ménagent aucun effort pour dispenser des services de qualité. Mais, il leur demande de comprendre que le stock des médicaments peut être épuisé à cause de beaucoup de services qu’ils ont offerts aux patients.
Donatienne Bukuru, une femmequi venait faire soigner son enfant de 10 mois au centre de santé Ngagara nous relate que son enfant souffre de diarrhée et de vomissement. Elle s’est présentée au centre de santé Ngagara qui est proche d’elle. « Après la consultation, le médecin généraliste m’a recommandé d’aller dans un hôpital pour une autre consultation afin d’avoir un accès à l’hospitalisation. Je me suis dirigée à l’hôpital militaire de Kamenge. Arrivée au sein de ce dernier, on me demande un papier de référence et je n’en avais pas. Pour la gratuité des soins, on m’explique qu’ils accueillent seulement ceux qui habitent dans la zone Gihosha. Si non, que je dois payer la totalité des frais des soins. Puisque mon enfant était gravement malade, j’ai accepté malgré moi de rester. J’ai dû payer une caution pour l’hospitalisation. Aussi, tous les médicaments nécessaires pour soigner mon enfant venaient de l’extérieur de l’hôpital », déplore Mme Bukuru.

Le système de référence est une condition pour respecter la politique de la gratuité des soins
Au cours de l’émission publique animée par les membres du gouvernement le 11 juin 2026, le ministre de la Santé publique, Dr Fidèle Nkezabahizi a précisé que la politique de la gratuité des soins n’est pas comprise de la même manière par les bénéficiaires. Il a rappelé que ladite politique doit respecter le système de référence par référence : « Depuis sa mise en œuvre, nous recommandons aux prestataires de soins d’informer tous les patients, surtout les bénéficiaires de la gratuité des soins, les conditions exigées pour être éligible à ladite gratuité. Pour une bonne gestion de cette politique, il doit y avoir une référence des patients. Cela permettrait aux hôpitaux de référence, de gérer les cas graves seulement. Les cas simples devraient être traités dans les centres de santé ou dans les hôpitaux communaux. Dans ce cas, même les médicaments sont distribués d’une manière équitable. Par conséquent, beaucoup des hôpitaux pourraient faire face au manque accrue des médicaments, surtout pour les bénéficiaires de la gratuité des soins », explique Dr Nkezabahizi.
Le ministre de la Santé publique a cependant affirmé que le manque des médicaments dans des hôpitaux est remarquable. Pour y faire face, ce ministère a fait des commandes des médicaments. Les conteneurs sont en cours de route pour le Burundi. Il rassure que dans les prochains jours, les structures de soins auront de quantité de médicaments suffisant pour les patients en général et les bénéficiaires de la gratuité des soins en particulier.
Rose Mpekerimana
