Une véritable bombe à retardement
Au quartier Gisandema, dans la Zone Gihosha en commune Ntahangwa, comme dans plusieurs quartiers de la capitale économique Bujumbura, les caniveaux conçus pour évacuer les eaux de pluie, ils se transforment peu à peu en véritables égouts. Un simple regard suffit pour constater que l’eau qui y circule n’a rien de pluvial : elle est sale, stagnante, et souvent accompagnée d’odeurs, nous éabondes qui en disent long.

Les eaux usées domestiques issues de la vaisselle, de la lessive, parfois même des toilettes sont directement déversées dans les caniveaux. À cela s’ajoutent les déchets solides qui obstruent les conduits, aggravant la stagnation et les nuisances.
Pourtant, derrière ce spectacle se cache un véritable enjeu de santé publique. Les eaux usées stagnantes dégagent des odeurs nauséabondes et favorisent la prolifération des microbes, exposant les habitants à des maladies liées à l’insalubrité.
Les eaux usées finissent leur course dans les rues, les rivières, et finalement dans le lac Tanganyika, mettant en danger l’environnement et les ressources en eau.
Les comportements individuels jouent un rôle. Déverser les eaux usées dans un caniveau peut sembler anodin au niveau d’un ménage pris isolement, mais, une fois réalisé à grande échelle par plusieurs foyers, le geste devient un problème collectif majeur.
Alors sans prise de conscience et sans actions concrètes, les caniveaux de Gisandema risquent de rester longtemps ce qu’ils sont devenus aujourd’hui des égouts à ciel ouvert, au cœur même de la vie quotidienne. Les autorités locales doivent agir pour endiguer ces mauvaises pratiques.
Mynka Careille Iriho
