Dans la société burundaise, de nombreuses personnes vivant avec handicap cherchent, chaque jour, des moyens de subvenir à leurs besoins et de gagner leur indépendance malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées. Face au manque d’emplois formels, certaines d’entre elles se tournent vers les petits commerces. Vente de fruits, boutique de quartier ou commerce ambulant deviennent ainsi des sources de revenus et de dignité. Trois personnes récemment rencontrées dans la ville de Bujumbura témoignent de leur parcours.

(Photo: Onesphore Niyomwungere/Stagiaire)
Téogène Nzitonda, une personne amputée d’une jambe, exerce le petit commerce de recharge téléphonique et vente de biscuits au centre-ville de Bujumbura. Il explique que cette activité a changé sa vie. « Avant, je dépendais entièrement de ma famille. Aujourd’hui, je peux payer mon loyer, acheter à manger et contribuer aux besoins du foyer. Ce commerce m’a redonné confiance en moi », affirme-t-il avec satisfaction. M.Nzitonda ajoute, cependant, que le manque de capital reste un grand obstacle pour agrandir son activité.
De son côté, Claudine Nahayo, malvoyante, vend des légumes dans un mini marché de Mutanga sud. Elle raconte que le début n’a pas été facile à cause des préjugés de certaines personnes. « Beaucoup pensaient que je n’étais pas capable de gérer un commerce. Mais, avec le temps, les clients ont vu mon sérieux et ma régularité. Maintenant, beaucoup de personnes viennent spécialement acheter chez moi », dit-elle. Grâce aux bénéfices gagnés à chaque fois, elle parvient à scolariser ses enfants.
Enfin, Emmanuel Niyonizeye, sourd-muet, tient une petite boutique de boissons et produits de première nécessité à Kamenge. Avec l’aide de gestes et d’un carnet pour communiquer avec les clients, il a réussi à fidéliser sa clientèle. Selon lui, le commerce lui a permis de gagner le respect de la communauté. « Les gens me considèrent aujourd’hui comme un travailleur courageux. Je ne tends plus la main pour demander de l’aide », témoigne-t-il.
Soulignons que ces témoignages montrent que malgré les difficultés, les petits commerces constituent une voie importante d’autonomisation pour les personnes vivant avec handicap. Avec un meilleur accès aux financements et davantage de soutien social, ces initiatives pourraient se multiplier et renforcer l’inclusion économique au Burundi.
Onesphore Niyomwungere (Stagiaire)
