Au Burundi, plus de 81 % des ménages utilisent encore des latrines traditionnelles alors que seulement 13 % ont accès à des latrines améliorées. Précise Mme Fabiola Nshimirimana, directrice chargée de l’eau et de l’assainissement au ministère en charge de l’Environnement, lors d’une interview récemment accordée au journal « le Renouveau ». Cela, affirme-t-elle, a un impact négatif sur la santé humaine.

Mme Nshimirimana souligne que, dans les écoles et autres établissements publics, les défis restent considérables. Pour elle, de nombreuses infrastructures ne respectent pas encore les normes nationales en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement, notamment en ce qui concerne la séparation filles et garçons, le ratio élèves-latrines et la gestion de l’hygiène menstruelle.
Cette situation, dit-elle, affecte directement la santé, la dignité et la fréquentation scolaire, en particulier chez les adolescentes. Selon cette responsable, les conséquences sur la santé publique sont alarmantes. Les maladies hydriques et diarrhéiques figurent parmi les principales causes de morbidité au Burundi. Les diarrhées contribuent encore de manière significative à la mortalité des enfants de moins de cinq ans, représentant plus de 20 % des décès liés aux maladies évitables, selon les données sanitaires nationales.
Elle a également rappelé que le pays fait face à des épidémies récurrentes de choléra. L’année 2026, précise-t-elle, a débuté par une résurgence préoccupante, avec de nouveaux foyers enregistrés dans plusieurs communes, y compris en milieu urbain. Ces épidémies démontrent bien que l’insuffisance de latrines sûres dans les lieux publics constitue une menace directe pour la santé humaine et la stabilité socio-économique. A cet effet, elle souligne qu’un environnement insalubre compromet la santé des populations, fragilise les systèmes éducatifs et aggrave la pauvreté.
Mme Nshimirimana recommande aux responsables des écoles et des établissements publics de construire des toilettes adéquates et d’assurer l’accès à l’eau, afin de promouvoir l’hygiène et de prévenir les maladies.
Donathe Ndayisenga
