Ce lundi 6 avril 2026, le Burundi commémore le 32è anniversaire de l’assassinat du président Cyprien Ntaryamira. Dans la ville de Bujumbura, les cérémonies ont débuté par le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe de feu Cyprien par le président de la République, Évariste Ndayishimiye. Elles se sont poursuivies par une messe de requiem célébrée à la cathédrale Regina Mundi. L’Abbé Félix Fupi, curé de cette paroisse, a exhorté les fidèles présents à préserver l’idéal qui caractérisait feu président président Ntaryamira, soulignant qu’il s’agissait d’une vision porteuse de vérité, susceptible de contribuer au développement du pays, bien qu’il n’ait pas eu l’occasion de la concrétiser.

(Photo : Jean Marie Ndayisenga)
Ces cérémonies ont vu la participation de hautes autorités et de divers cadres du pays, notamment le Vice-président de la République, Prosper Bazombanza, Daniel Gélase Ndabirabe, président de l’Assemblée nationale, le président du Sénat, Gervais Ndirakobuca, et le Premier ministre Nestor Ntahontuye ainsi que d’autres hauts dignitaires. La solennité de l’événement a été renforcée par la présence des anciens présidents Domitien Ndayizeye et Sylvestre Ntibantunganya, ainsi que de l’épouse de l’illustre disparu, tous réunis pour ce moment de recueillement national.
Abbé Félix Fupi, qui a célébré la messe en mémoire du président Ntaryamira, a expliqué qu’après la mort de Jésus-Christ, les apôtres s’étaient enfermés par peur des Juifs. Ils pensaient en effet que Jésus était venu libérer le pays, mais les souffrances qu’il a subies les ont profondément bouleversés. Il a précisé qu’après sa résurrection, Jésus les a rassurés en leur demandant de ne pas céder à la peur, mais d’aller annoncer la bonne nouvelle. « La résurrection est un mystère qui nous dépasse, mais qui nous est révélés par Dieu. Nous avons besoin de connaître Dieu et sa volonté afin de pouvoir l’accomplir », a-t-il déclaré.

Abandonner le mal et vivre dans la lumière
Abbé Fupi a invité les fidèles présents à prier pour obtenir un esprit de méditation et d’ouverture au mystère de la résurrection, afin de comprendre que le Christ est vivant. Il a rappelé que les femmes qui s’étaient rendues tôt au tombeau ont constaté que Jésus était ressuscité. Elles ont d’abord eu peur de l’annoncer à cause de ce qu’il avait subi. « Mais nous, qui savons qu’il est ressuscité, sa sommes appelés à être témoins de sa résurrection », a-t-il poursuivi. Il a également souligné que les disciples n’ont pas vu Jésus au moment exact de sa résurrection, mais qu’il leur est apparu par la suite. « La résurrection des morts est le fondement de notre foi. Que personne n’ait peur de dire une parole qui construit, qui libère, une parole de vérité, car la vérité se défend elle-même », a-t-il insisté. Selon Abbé Fupi, la résurrection de Jésus a transformé la vie des apôtres et des croyants, les faisant passer des ténèbres à la lumière. Elle appelle à abandonner le mal pour faire le bien et témoigner d’une vie nouvelle. Il a souhaité que la fête de Pâques, actuellement célébrée, se traduise par des actions concrètes marquées par des œuvres de lumière, sans crainte de faire ce qui est juste.

Devenir de vrais disciples et garder vivant le message de Ntaryamira
Abbé Fupi a également indiqué que Pâques aide les chrétiens à devenir de véritables disciples, conscients que la vie a triomphé. Il a enfin rappelé que le regretté président Cyprien Ntaryamira avait laissé un message qui a profondément marqué de nombreux Burundais. «Lors de son premier discours, beaucoup ont perçu ses bonnes intentions, même si la situation s’est ensuite compliquée. Toutefois, ce message restera à jamais gravé dans les cœurs », a-t-il affirmé. Il a conclu en soulignant l’importance de demander au Seigneur d’aider les Burundais à ne pas oublier l’idéal que Ntaryamira avait laissé, même s’il n’a pas eu le temps de le concrétiser.
Jean Marie Ndayisenga
Etienne Nduwimana
