Sous le haut patronage du couple présidentiel, le parlement burundais a organisé, le mardi 14 avril 2026, la 17e édition du petit-déjeuner national de prière dans les enceintes de l’Assemblée nationale du Burundi. L’événement a réuni de hautes autorités du pays, des leaders religieux ainsi que des représentants du corps diplomatique et consulaire accrédités au Burundi.

Placée sous le thème inspiré de l’épître aux Romains 13:6 : « C’est aussi pour cela que vous payez les impôts. Car les magistrats sont des ministres de Dieu entièrement appliqués à cette fonction », cette rencontre annuelle a offert un cadre de réflexion sur le rôle des dirigeants dans la promotion du civisme fiscal et de la bonne gouvernance.
Ceux qui ont pris la parole ont souligné l’importance du paiement des taxes et impôts, tout en insistant sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des recettes publiques afin d’en garantir un impact réel sur le développement économique national. Les intervenants ont unanimement mis en avant le rôle déterminant des leaders, appelés à être à la fois serviteurs du peuple et de Dieu.
Prenant la parole, le chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye, a exhorté les responsables à tous les niveaux à user de leur autorité pour mobiliser leurs collaborateurs à accroître la production dans leurs secteurs respectifs. Il a rappelé que l’augmentation des recettes de l’Etat dépend directement de la capacité des citoyens à générer des revenus. « Sans production, il ne peut y avoir de recettes suffisantes pour soutenir les ambitions nationales », a-t-il insisté, soulignant les répercussions directes d’une faible mobilisation fiscale sur l’ensemble du pays.
Le président de la République a également rappelé la dimension spirituelle du leadership, affirmant que tout dirigeant est un serviteur de Dieu. Il a invité les responsables à exercer leurs fonctions avec intégrité et responsabilité, en se référant notamment au passage biblique de 1 Timothée 3:1-7, qui appelle à un leadership exemplaire et irréprochable.

De son côté, le président de l’Assemblée nationale, Gélase Daniel Ndabirabe, est revenu sur l’origine de cette tradition, initiée aux Etats-unis en 1953 avant de s’étendre à plusieurs pays, dont le Burundi qui l’a adoptée en 2006. Il a salué la ferveur renouvelée ayant marqué cette 17e édition.
L’intensification de la production nationale, parmi les recommandations
La rencontre a également été marquée par un panel axé sur le thème du jour. Les panélistes, composés de l’ancien président du Burundi, Domitien Ndayizeye, du secrétaire général de l’Etat, Jérôme Niyonzima et de l’ancien président du Sénat burundais, Emmanuel Sinzohagera, ont insisté sur le rôle crucial des recettes publiques et la part des leaders à tous les niveaux dans ce domaine, tout en soulignant l’inquiétude contre une pression fiscale excessive. « Trop d’impôt tue l’impôt », ont-ils rappelé, plaidant pour un équilibre entre mobilisation des recettes et soutien à l’activité économique.
Parmi les recommandations formulées figurent l’amélioration du climat des affaires, la digitalisation du système de collecte des recettes, l’intensification de la production nationale ainsi que le développement de la transformation locale.
Dans son message, le prédicateur du jour, Père Désiré Yamuremye, a appelé les leaders à être des modèles en matière de civisme fiscal et de gestion responsable des ressources publiques. Selon lui, l’exemplarité des dirigeants dans le paiement des taxes et impôts constitue un levier essentiel pour atteindre les objectifs de développement du pays dans des délais raisonnables.
Claude Hakizimana
