Des arbres qui cohabitent avec d’autres cultures privilégiés
La déforestation et la dégradation de l’environnement constituent aujourd’hui des problèmes majeurs. Cela est souvent dû, entre autres facteurs, à une forte pression démographique, à l’utilisation intensive du bois de chauffage et du charbon de bois. La province Butanyerera n’est pas épargnée. Toutefois, les autorités locales s’efforcent de remplacer chaque fois les arbres qui sont abattus afin de préserver l’environnement et lutter contre l’érosion.
Dans un entretien accordé à notre rédaction, Aloys Nyabenda chargé des questions de l’environnement, l’agriculture et l’élevage en commune Ngozi, fait savoir que si quelqu’un coupe un arbre il doit en planter au moins deux. Il rappelle que l’arbre est utilisé dans plusieurs secteurs de la vie raison pour laquelle il doit impérativement être remplacé. Par exemple, si l’eucalyptus est planté tout près des sources d’eau, il est coupé pour être remplacé par d’autres espèces plus adaptées afin de préserver les ressources hydriques.
Promotion des arbres fruitiers et des espèces agrofestiers
M. Nyabenda indique que dans la province de Butanyerera, il y a un projet qui vise à planter des arbres fruitiers comme des avocatiers toujours dans le cadre de la protection de l’environnement. Les arbres qui sont privilégiés sont des arbres qui cohabitent avec d’autres cultures. Ces arbres nécessitent un suivi et un entretien réguliers dans le but d’atteindre l’objectif du reboisement. Leurs feuilles jouent le rôle de fertilisant renferment des sels minéraux indispensables pour le sol. D’autres arbres ont été plantés sur les courbes antiérosives dans le cadre de lutte contre l’érosion. « On plante également des herbes fixatrices du sol qui contribuent également dans la protection de l’environnement, servant plantes fourragères ». ajoute-t-il.
Selon M. Nyabenda, l’association Tubura a également donné plus de deux mille plants d’arbres à la commune. Ces arbres ont été plantés tout au long des routes. Grâce à l’encadrement de la population par cette association, les gens ont multiplié de plants de Caliandra et les ont plantés dans leurs champs. Il existe aussi un projet en cours concernant la plantation des avocatiers. Chaque ménage doit comprendre que ce projet sera bénéfique à toute la population.
Les obstacles ne manquent pas
Selon toujours M. Nyabenda, les obstacles persistent notamment liés entre autres à l’insuffisance de plants. De temps en temps, on trouve ceux de mauvaise qualité, ce qui compromet leur développement. Face à cette situation, il demande à l’institut des sciences agronomiques du Burundi (Isabu) de produire des plants en quantité suffisante et de bonne qualité. Il appelle également la population d’éviter des coupes d’arbres abusivement, il faut avoir au préalable l’autorisation des services habilités.
L’importance de traçage des courbes anti-érosives
Pour Adélin Niyonsaba, directeur provincial de l’environnement, agriculture et élevage en province de Butanyerera, la population s’intéresse beaucoup au reboisement et à la lutte contre l’érosion. Elle s’investit aussi dans le traçage des courbes de niveau surtout dans la commune Kayanza dans les zones de Muruta, Rwegura et Nkonge où de nombreux agriculteurs viennent pour s’inspirer des expériences des autres. En collaboration avec l’administration et d’autres intervenants dans le secteur agricole et de la protection de l’environnement, les autorités sensibilisent la population à tracer les courbes anti-érosives sur toutes les collines. Lors de la prochaine saison culturale, les agriculteurs ayant respecté ces pratiques, bénéficieront de fertilisants. Le traçage des courbes anti-érosives contribue significativement à l’augmentation de la production agricole en limitant l’érosion causé par les eaux de ruissellement.
M. Niyonsaba a profité de l’occasion pour appeler toute la population de la province de Butanyerera à s’investir beaucoup dans le traçage des courbes anti-érosives car c’est très bénéfique pour les agriculteurs. Ces courbes protègent également contre le ravinement qui est souvent dû aux eaux de ruissellement. Il est aussi conseillé de planter des arbres afin d’éviter les ravins qui pourraient se former suite à la non protection de l’environnement.
M.Niyonsaba indique que dans le cadre du reboisement, la population est sensibilisée à planter des arbres surtout ceux qui sont associés à des cultures ainsi que les arbres fruitiers. Là où il y a déjà des ravins, notre interlocuteur demande aux chargés des infrastructures de protèger les berges de ces ravins afin de protéger les maisons et les plantations environnantes.
« Si l’environnement n’est pas protégé, cela présente d’impacts néfastes notamment sur l’agriculture. Par exemple, quand il pleut beaucoup, les terres cultivables sont emportées par les eaux de ruissellement, par conséquent la récolte ne sera pas bonne », souligne-t-il.
La population engagée dans la protection de l’environnement
La population s’implique activement en ce qui concerne la protection de l’environnement. Emmanuel Ndikumana de la colline Kanyami commune Ngozi indique que la population s’intéresse beaucoup à la protection de l’environnement en général et au reboisement en particulier. La population est au courant que la croissance démographique peut entrainer la déforestation et la dégradation de l’environnement. Mais, il y a des gens qui ignorent l’impact de la déforestation en coupant des arbres sans les remplacer. Pour ceux-là, M. Ndikumana fait savoir que les services chargés de la protection de l’environnement dans la commune sensibilisent toujours la population afin qu’elle comprenne qu’elle doit sauvegarder l’environnement en plantant des arbres. Ces services insistent sur la plantation des arbres fruitiers et ceux qui cohabitent avec d’autres cultures.
M. Ndikumana indique que la population s’implique dans la protection de l’environnement
M. Ndikumana indique que dans chaque ménage, l’homme doit planter au moins dix plants d’avocatiers, une femme cinq plants et deux plants pour chaque enfant. Ces avocatiers serviront dans la protection de l’environnement, ainsi que dans la promotion de la nutrition.
Lucie Ngoyagoye
Département de la documentation
