Dix-huit médias burundais (douze radios et 6 journaux de la presse écrite) ont organisé, le mardi 26 mai 206, au chef-lieu de la commune Kayanza dans la province de Butanyerera un débat multiplex « Umunoni », sur la collecte des taxes communales cela fait neuf mois que les administrateurs communaux sont entrés en fonctions, et sont à l’œuvre pour accomplir leurs missions, entre autres,examiner ensemble comment les taxes sont perçues, gérées et comment elles profitent à la population .

Les invités à ce débat étaient Godefroid Niyonizigiye, administrateur de la commune Kayanza ; Rita Karenzo, représentant du conseil communal de Kayanza et Anatole Akeza, représentant des syndicats dans l’ancienne province de Kayanza.
« Etant donné que la commune Kayanza a été choisie comme commune pilote dans l’utilisation de la nouvelle méthode e-taxe, il y a eu un surplus car, durant les neuf mois écoulés, les taxes communales ont été perçues jusqu’à 115%, et chaque mois, nous percevons plus de 80 millions de FBu. Cela nous a permis d’accomplir les travaux de développement comme l’adduction d’eau potable. Pour cela, plus de dix collines de cette commune sont approvisionnées en eau ». Tels sont les propos tenus par Godefroid Niyonizigiye, administrateur de la commune Kayanza, lors de ce débat.
Les autres projets concernent la construction d’un centre de santé et la réhabilitation des ponts. Avec la nouvelle méthode e-taxe, beaucoup de taxes communales sont perçues bien qu’elles ne soient pas recouvrées à 100% , a ajouté M. Niyonizigiye
Sensibiliser la population
Chaque fois après six mois, le conseil communal se réunit pour une évaluation. La population y est invitée pour poser différentes questions. Pour Rita Karenzo, représentant du conseil communal de Kayanza, le conseil suit de près la mise en application de ces projets de développement. Celui d’adduction d’eau a été à la satisfaction de la population. Mme Karenzo déplore le fait que les machines utilisées dans cette nouvelle méthode tombent souvent en panne mais, des solutions de rechange sont envisagées pour ne pas interrompre ce travail. Au nom des syndicats des travailleurs dans l’ancienne province de Kayanza, Anatole Akeza indique que ces machines sont d’une importance capitale car, les fruits sont déjà récoltés. Mais, ajoute-t-il, il faut une sensibilisation, afin d’éviter des lamentations de la population. Pour ce qui est des projets de développement, M.Akeza précise qu’ils ont déjà fait des fruits et qu’il s’agit d’un processus qui continue.
Quant au respect de la loi, l’administrateur de la commune Kayanza fait savoir qu’il y a ceux qui ne s’acquittent pas de leur devoir mais, «nous essayons de faire une sensibilisation et beaucoup d’entre eux ont compris le bien-fondé d’accomplir leur devoir », a-t-il dit.

Un changement de mentalité pour la réussite de ce travail
Les commerçants œuvrant aux marchés des communes Kirundo, Ruyigi, Rumonge, Ntahangwa et Gitega se sont exprimés sur cette collecte des taxes communales dans leurs localités. Ainsi, certains saluent cette mesure, tandis que d’autres disent qu’ils ne voient pas l’intérêt de payer ces taxes étant donné qu’il n’y a visiblement pas de projets de développement (écoles, routes, eau potable, hygiène et assainissement,…) qui en découlent. D’autres encore disent qu’ils ne sont pas suffisamment sensibilisés sur l’importance de ces taxes, d’où il faut une franche collaboration entre la commune et la population.
Face à ces inquiétudes, l’administrateur de la commune Kayanza a fait savoir qu’il faut un changement de mentalité pour la réussite de ce travail. Pour lui, il y a ceux qui ne participent pas aux réunions organisées par l’administration communale. A cet effet, il faut mettre en place différentes commissions, travailler en synergie, et continuer à faire la sensibilisation. Aussi, la population devrait demander des comptes à la commune pour ce qui est de l’état d’avancement des projets.
Du côté du ministère en charge de l’intérieur, Déo Ruberintwari, directeur général de la décentralisation, indique que chaque année, le conseil communal fait une analyse des produits qui permettent la perception des taxes communales. D’après le recensement du ministère en charge de l’intérieur des mois de novembre-décembre 2025, dans l’ensemble, plus de 5 milliards de FBu ont été perçus, et pour le mois-témoin, c’est un montant de plus de 7 milliards de FBu.
De l’argent non encore perçu, défi majeur
Le défi majeur observé est qu’il y a de l’argent non perçu. A cet effet, les administrateurs communaux doivent suivre de près chaque jour la collecte de ces taxes. Aussi, ceux qui paient ces taxes ne sont pas au courant du motif de ce payement et la catégorie de taxes à payer. L’autre constat est que les taxes perçues ne sont pas directement versées sur le compte de la commune. « Face à cette situation, nous mettons actuellement un accent particulier sur la digitalisation pour la transparence de l’argent perçu commune par commune », a souligné M. Ruberintwari.
En guise d’exemple, pour la collecte des taxes communales, la commune Ntahangwa est la première avec plus de 500 millions de FBu perçus, et la commune Bururi, la dernière avec plus 46 millions de FBu, d’après toujours Déo Ruberintwari. Pour lui, «cela dépend de la richesse de la commune, et nous prévoyons une réunion avec les administrateurs et conseillers communaux pour analyser ensemble les résultats obtenus ».
Avec les projets de développement de la commune, cette dernière doit rendre compte à chaque citoyen. Aussi, la loi communale précise la tenue des réunions à l’endroit de tous les concernés pour garantir la transparence de la situation économique de la commune.
Cette émission rentre dans le cadre du projet « Renforcer les medias, pour informer et soutenir les choix des électeurs », initié par La Benevolencija.
Yvette Irambona
