Pour la stabilité de l’économie nationale
L’assurance est un contrat entre deux parties. Une partie appelée assureur qui s’engage à couvrir les risques précis à une activité ou une entreprise. Une autre partie appelée assurée qui paie la cotisation appelée prime. Les assurances sont créées pour couvrir les aléas et certitudes afin d’éviter qu’il y ait les pertes financières aux sociétés et aux ménages. En premier lieu, les assurances sont créées pour éviter des pertes financières pour les sociétés et en second lieu, pour soutenir l’investissement par épargne, le développement et l’économie du pays.

Le directeur technique et commercial de la compagnie d’assurance non vie à Royal, Bernard Irakoze, indique qu’avec sa mission de protéger la vie et la santé des personnes, les biens contre l’incendie, les accidents routiers, etc, la compagnie d’assurance rencontre plusieurs défis. « C’est notamment la méconnaissance des produits d’assurance; le manque de confiance du public aux compagnies d’assurance. Il y a aussi la faible digitalisation du secteur des assurances ». Il souligne aussi que le pouvoir d’achat limité pour les Burundais, constitue un grand défi.
Parlant toujours des défis que rencontrent les compagnies d’assurance, M. Irakoze relève aussi ceux qui sont liés à l’administration. Par exemple la lenteur dans les services parce qu’il n’y avait pas de moyens de payement électronique.
Mettre en place d’autres produits d’assurance
Selon M. Irakoze, pour s’inscrire dans la logique de la Vision nationale de pays émergent en 2040, pays développé 2060, l’assurance Royal se prépare pour surmonter ces défis. Il informe qu’on ne peut pas parler de pays émergent et développé alors qu’on continue de souscrire sans avoir des services de digitalisation. Ainsi, cette société compte mobiliser la population, afin d’amener beaucoup plus de Burundais à la souscription des produits d’assurance dans le but de dépasser le taux de pénétration qui est de 2%. Encore plus, elle va faire un partenariat avec d’autres institutions, notamment les banques, en vendant des produits de bancassurance. Elle va aussi développer d’autres produits qui vont de pair avec le Burundi émergent et développé en créant des assurances qui n’existent pas pour le moment, notamment l’assurance agricole, en développant des micros assurances avec tout le pays parce que le secteur sera déjà digitalisé ».
Toujours dans le cadre de cette Vision pays émergent en 2040 et pays développé en 2060, le directeur commercial de l’Ucar vie, Larissa Inamahoro, indique que cette institution doit se conformer à la Vision du pays. Leurs produits vont être adaptés en fonction de cette Vision. Ainsi, cette institution doit faire une innovation digitale, collaborer avec les institutions de l’Etat et banques pour mobiliser l’épargne, s’investir dans d’autres produits, faire le suivi des indicateurs qui leur montrent l’évaluation de la vision et faire des stratégies qui aident l’Etat à accomplir ses objectifs.
La sécurisation des investisseurs et entrepreneurs
D’après M. Irakoze, l’assurance est le moteur du développement d’un pays ou de différentes sociétés que ce soit dans le domaine d’investissement ou d’autres domaines. Il indique qu’il y a la stabilisation de l’économie nationale car, l’assurance permet d’absorber le choc économique qui pourrait être causé par des accidents, catastrophes, sinistres majeurs, etc. Les investisseurs et entrepreneurs sont sécurisés et se sentent encouragés dans la création des entreprises. L’assurance permet également la mobilisation de l’Etat pour le financement à long terme et la protection du pouvoir d’achat des ménages
L’assurance est avantageuse pour le développement d’un pays
L’assurance joue un rôle majeur dans le développement. Elle permet la stabilité de l’économie, l’attractivité des investissements, la réduction de la charge sociale s’il y a catastrophe car, l’état doit indemniser les sinistres. Pour les entreprises, l’assurance est aussi importante pour la protection des actifs, la continuité de l’activité, facilitée pour les entreprises à l’accès aux crédits. Pour les ménages, elle est avantageuse pour la sécurisation financière et la préservation du patrimoine.
Il lance ainsi un appel à ceux qui hésitent à souscrire à une assurance de bien comprendre son importance. Elle est là pour couvrir les aléas, sinistres ou risques qui sont énormes. M. Irakoze encourage les personnes physiques ou morales à souscrire aux produits d’assurance pour protéger leurs biens (habitations, véhicules) car l’assurance est là pour couvrir leur responsabilité civile des dommages causés par les dégâts matériels ou incorporels. Il affirme que les assurances sont des produits les moins chers ici au Burundi.
Le responsable de la communication et archivage de l’Arca (Agence de régulation et de contrôle des assurances), Gilbert Ndayikengurukiye, indique que l’assurance est importante pour un pays parce qu’elle fait partie de la vie du pays et de la population. Selon lui, tout ce qui constitue la vie est assurable pour que la vie d’une personne aille mieux. Elle est importante pour le développement socioéconomique des ménages et dans ce cas, le pays en tire profit. Si les ménages se développent, il se développe aussi car, les ménages créent des emplois et génèrent des revenus.

M. Ndayikengurukiye a fait savoir que l’assurance contribue beaucoup à la croissance économique. Quant à l’Arca, elle contrôle le bon fonctionnement des assurances pour réguler les compagnies d’assurance et vérifier si leur santé financière est bonne. Si la santé financière des sociétés d’assurance est bonne, cela signifie que l’économie du pays se porte bien car, ces sociétés épargnent dans les banques et créent des emplois qui donnent des impôts et taxes. Ainsi, ces placements génèrent des revenus et aident le pays à se développer.
Création d’agences à l’intérieur du pays
M. Ndayikengurukiye souligne que, les assurances rencontrent quelques fois des obstacles comme par exemple la méconnaissance. La population burundaise et africaine en général, ignore l’importance des assurances alors qu’elles contribuent à la sécurité d’une personne et des ménages. « Si la population connaissait bien son importance, il y aurait un grand changement au niveau du développement de l’assurance. On essai de faire la sensibilisation pour que tout le monde ait cette culture du risque et on voit, petit à petit, qu’il y a un changement de mentalité de la part de la population », a-t-il souligné. Il évoque aussi le manque de moyens pour développer l’assurance, tout en soulignant que la mission de l’Arca est de développer le secteur, mais que quelques fois, les moyens sont limités par manque des ressources humaines. Comme l’Arca est basée à Bujumbura, sa mission est de protéger les consommateurs des produits d’assurance, sociétés d’assurances et contrôler les épargnes. Ainsi, il souligne, que la population suggère la création des agences à l’intérieur du pays. Donc, ce qui est important, c’est de rapprocher les assureurs des assurés pour montrer qu’il y a protection de leurs biens et que les intérêts des uns et des autres sont à l’abri.

Mme Inamahoro indique qu’en général, les défis rencontrés par les entreprises d’assurance vie ressemblent à ceux que rencontrent les assurances générales. Dans les assurances générales, les assureurs et les assurés sont quelque fois en désaccord sur les dédommagements causés. Dans ce cas, le dossier prend une longue procédure pour être acheminé, donc il n y’a pas de transparence. Dans une assurance vie, on assure l’épargne, la capitalisation et la protection des individus. Sur ces points, les gens n’ont pas la culture d’épargner, ils n’ont pas d’argent à mettre de côté à cause de leurs faibles revenus. Pour cela, l’évolution et la diversité des risques sont des défis majeurs rencontrés par les assurances vie.
« La population doit comprendre que l’assurance fait partie de leur vie. Il faut en souscrire car, elle protège ses biens, sa vie et son avenir. Il faut aussi qu’elle ait la culture d’assurance et des risques car, si elle se protège, elle protège aussi tout un pays », conclut M. Ndayikengurukiye.
Evelyne Niyonzima
Département de la documentation
Service de Rédaction
