Sous le thème « le rôle des victimes dans le processus de réconciliation nationale », La Commission vérité et réconciliation (CVR) a organisé, le mercredi 28 janvier 2026, en province de Butanyerera, un atelier de deux jours en vue de donner la parole aux victimes des crises qu’à connues le Burundi, c’est dans le souci d’inciter ces victimes à apporter leur contribution au processus de réconciliation et de cohésion nationale.

Dans son discours , le président de la CVR, Pierre Claver Ndayicariye, a souligné que cette initiative intervient à un moment opportun, alors que le Burundi traverse une période de paix après avoir connu des épreuves douloureuses qui ont causé d’importants dégâts matériels et humains tout en laissant de nombreuses familles dans la souffrance.
Selon lui, cet atelier visait essentiellement à donner la parole aux victimes afin qu’elles apportent leur contribution au processus de réconciliation et de cohésion nationale. Il a précisé que cette activité a été organisée après avoir constaté que la réconciliation nationale ne peut être effective tant que les victimes des tragédies du passé ne bénéficient pas d’un espace approprié pour s’exprimer et apporter leurs contributions.
Abordant les efforts déjà consentis par l’État dans le processus de réconciliation, Pierre Claver Ndayicariye a cité notamment la mise en place d’institutions de sécurité et de défense inclusives, ainsi que l’arrêt du procès de la Cour suprême du 28 avril 2023 portant cassation et annulation des procès liés aux crimes de guerre de Gitega et de Bujumbura de mai 1972. Il a également mentionné les initiatives de dialogue vérité et réconciliation mises en œuvre par les confessions religieuses.
Rétablir des relations longtemps brisées
Pour le président de la CVR, les victimes des différentes crises qu’a traversées le pays peuvent jouer un rôle déterminant dans le processus de réconciliation nationale, à condition de privilégier l’esprit de pardon plutôt que celui de vengeance. Il a ainsi exhorté les Burundais à renforcer la culture de réconciliation et à éviter toute tentation de revanche, rappelant que la réconciliation signifie le rétablissement des relations et des liens sociaux brisés par les crimes et les violences.
Il a précisé que la réconciliation implique également que l’auteur des actes répréhensibles reconnaisse la vérité sur les faits commis, exprime des regrets, demande pardon, accepte de réparer les préjudices causés et s’engage à ne plus retomber dans les erreurs du passé. Elle suppose aussi que les parties autrefois opposées s’engagent à bâtir une nouvelle relation saine, à en être des modèles et à transmettre ces valeurs aux autres, en se détachant définitivement des divisions. Pierre Claver Ndayicariye a lancé un appel à tous les Burundais pour qu’ils éduquent les jeunes générations aux valeurs de paix et de bien, et s’engagent à vivre ensemble et harmonieusement, afin de consolider durablement l’unité et la solidarité nationales.
Pendant les échanges, certains témoignent avoir déjà entamé le processus de pardon et de réconciliation. Toutefois, d’autres disent rester profondément affectés par la spoliation de leurs biens et dénoncent une justice qu’ils estiment ne pas les avoir rétablis dans leurs droits. Ils appellent les auteurs des exactions à faire preuve de sincérité, à ouvrir leur cœur et à demander pardon. En réponse aux préoccupations exprimées par les victimes, le président de la CVR les a invitées à saisir officiellement cette commission afin qu’elle puisse examiner leurs dossiers et leur rendre justice. Il a par, ailleurs, souligné que la réussite du processus de réconciliation et de pardon nécessite l’empathie et le pardon mutuel entre les Burundais.
Clovis Dusabe
