Sur les collines verdoyantes de Nyamunazi, succursale de la paroisse catholique Kinyinya, en commune Gisuru de la province de Buhumuza, le palmier à huile s’impose désormais comme une culture susceptible de réformer la situation économique des ménages. A l’origine de cette dynamique agricole, l’Eglise catholique joue un rôle structurant, combinant encadrement communautaire, sensibilisation et accompagnement technique des fidèles, après l’introduction de cette culture dans la région de Kumoso.

Dès les premières heures de la matinée, les palmeraies alignées témoignent d’un changement progressif, mais profond dans les pratiques agricoles locales. Là où dominaient les cultures vivrières à faible rendement, le palmier à huile gagne du terrain. Pour les responsables ecclésiastiques de Nyamunazi, l’initiative répond à une double exigence à savoir, renforcer l’autonomie économique des ménages et promouvoir une agriculture durable.
Selon Richard Ndayisaba, responsable de l’une des Communautés ecclésiales de base(Ceb) de la localité, l’action de l’Église a commencé par la sensibilisation. A la faveur des rencontres communautaires, des enseignements et des réunions des Mouvements d’action catholique, les fidèles ont été invités à considérer le palmier à huile comme une culture stratégique, capable de générer des revenus stables sur le long terme. « L’Eglise ne se limite pas à l’évangélisation spirituelle ; elle accompagne aussi le développement intégral de l’homme », confie-t-il. Au-delà du message, l’accompagnement est concret. La succursale Nyamunazi facilite l’accès aux plants sélectionnés, met en relation les agriculteurs avec des techniciens agricoles et encourage la mise en commun des efforts à travers des groupes solidaires. Cette approche collective permet de surmonter les contraintes liées au coût initial d’implantation de la culture et à l’entretien des palmiers durant les premières années.
Les bénéficiaires, majoritairement des familles paysannes, ne cachent pas leur satisfaction. « Grâce au palmier à huile, nous voyons déjà l’avenir autrement. Les revenus attendus nous permettront de scolariser les enfants et d’améliorer l’alimentation du ménage », témoigne François Barumpozako.
Plusieurs femmes, organisées en groupes paroissiaux, se disent également encouragées par les perspectives de transformation artisanale et de commercialisation de l’huile. Les autorités locales dont le chef de cette colline, saluent cette contribution de l’Église catholique, qu’elles qualifient de complémentaire aux politiques publiques de promotion des cultures de rente. A Nyamunazi, le palmier à huile apparaît ainsi comme un levier de lutte contre la pauvreté et un facteur de stabilisation économique des ménages.
Ainsi, la succursale Nyamunazi de la paroisse Kinyinya, confirme son rôle d’acteur clé du développement communautaire dans la localité. En misant sur le palmier à huile, elle sème, non seulement des plants, mais aussi l’espoir d’un avenir plus prospère pour les communautés rurales qu’elle accompagne au quotidien.
Amédée Habimana
