Elle passe par l’activité et la transmission intergénérationnelle
Après 60ans, le temps change de visage. Les journées s’allongent, les obligations se raréfient, et le risque n’est plus seulement physique mais aussi mental. Inactivité, sédentarisme cognitif et isolement accélèrent le déclin des fonctions cérébrales. A l’inverse, en temps structuré, une activité utile et la transmission intergénérationnelle apparaissent comme de puissants leviers de prévention et de bien -être.

Après 60ans, le danger n’est pas seulement la maladie et autres désagréments, mais aussi l’ennuie. Lorsque les journées perdent leur rythme, le cerveau ralenti: mémoire moins vive, sommeil perturbé, ultabilité, perte de repère. Pourtants, des solutions simples existent. Dans ce dossier, nous explorons comment structurer le temps, protéger les fonctions cognitives: activité adaptée, marche régulière, rôle sociale, mais surtout transmission entre générations, car, un sénior qui explique, enseigne ou encadre, reste mentalement actif et conserve plus longtemps son autonomie. Dans les lignes qui suivent, un éclairage médical, des témoignages et pistes concrètes qui montrent qu’un vieillissement équilibré ne dépend pas seulement des soins, mais aussi de la place accordée aux aînés dans la société et dans la famille.
Le piège silencieux des temps morts.
«vieillir ne signifie automatiquement, tomber malade. Pourtant, de nombreux seniors se heurtent à une difficulté peu visible, mais lourde de conséquences ; la multiplication des temps morts. Ces périodes d’inoccupation subie, s’installe souvent après la retraite ; la perte d’un emploi ou d’éloignement des responsabilités sociales. Au début, on se repose. Puis, les jours se ressemblent, on s’ennuie, on réfléchit trop » confie Serges Gahungu ; ancien journaliste au quotidien Le Renouveau du Burundi. «Je passais des heures devant la télévision. Je dormais mal et je devenais ultable. Les choses ont changé depuis que j’ai décidé de créer l’emploi dans une logique de gestion rationnelle du temps, afin de réduire, d’illuminer ces temps morts qui constituent un véritable casse -tête pour les personnes âgés», indique-t-il. Les Spécialistes trouvent que l’ennuie prolongé agit comme un facteur aggravant, accélération du vieillissement cérébrale.
Selon Dr Milène lkizabose, médecin conseil à l’Institut national de sécurité sociale(INSS), un cerveau peu sollicité réduit progressivement ses connexions. La mémoire, l’attention et la capacité de raisonnement s’emoussent.Ce sédentarisme cognitif, souvent associé à l’inactivité physique accélère le déclin cérébral, même en l’absence de maladie déclarée.
Structurer le temps, c’est protéger le cerveau
Créer ou proposer une activité aux séniors n’est donc pas un simple geste social. C’est une démarche de santé préventive. Un temps organisé oblige à se lever, à planifier, à interagir, à résoudre des problèmes. Autant de fonctions cognitives mobilisées au quotidien. Les séniors engagés dans une activité régulière, professionnelle, communautaire ou bénévole conserve plus longtemps leur autonomie intellectuelle. La neurologie nous apprend que le cerveau n’a pas d’âge limite pour apprendre, il a plutôt besoin d’un minimum de contraintes positives. Sans objectif, sans rôle il se replie, poursuit Dr Ikizabose .La médecine souligne que le manque d’activité agit aussi sur le sommeil. Elle explique qu’un sénior inactif dort souvent plus longtemps le jour et moins profondément la nuit, ajoutant que ce dérèglement perturbe la mémoire et favorise la fatigue mentale.
«Avant de reprendre des activités, je me réveillais plusieurs fois par nuit. Depuis que je m’adonne à l’accompagnement des journalistes jeunes dans le métier, je suis fatigué le soir et je dors», signale M. Gahungu.
Mme lkizabose signale qu’un rythme quotidien stable aide le cerveau à maintenir ses cycles biologiques et que le repos nocturne devient plus réparateur, ce qui améliore la concentration et réduit l’anxiété. L’inactivité mentale va rarement seule. Il s’accompagne d’une sédentarité. Physique: moins de marche, moins de déplacement, moins d’efforts. Or, l’activité physique améliore la circulation sanguine cérébrale et favorise-la survie des neurones. Marche quotidienne, tâche ménagère, travaux agricoles légers, ou danses traditionnelles ces activités simples nourrissent à la fois, le corps et l’ésprit. Chez la personne âgée, bouger reste un des meilleurs médicaments préventifs.
Au delà de l’activité, un facteur particulièrement puissant protège le cerveau le transfert intergénérationnel des compétences.
Enseigner, raconter, expliquer, oblige à structurer sa pensée et à mobiliser la mémoire. «Quand j’apprends aux jeunes à travailler le bois, je redeviens concentré. Je me souviens des gestes que je croyais oublier », raconte Gaspard Nimbesha, ancien menuisier. La transmission donne un rôle social. Le sénior ne reste plus inutile; il redevient acteur. Le cerveau, sollicité dans un contexte valorisant, renforce ses connexions neuronales
Vieillissement actif: un enjeu de politique publique
Le vieillissement actif ne peut plus être considéré comme une affaire structure ment individuelle ou familiale. L’inactivité prolongée des séniors et l’isolement social entrainent une fausse des troubles cognitifs et de la dépendance. Créer des emplois adaptés, encourager l’engagement social et structurer le temps après 60ans relèvent d’une logique de prévention» signale Josette Kankindi, la psycho-clinicienne. La prévention commence aussi à domicile, poursuit-elle.
«Confier aux grands parents des responsabilités adaptées,-raconter l’histoire familiale, aider aux devoirs, encadrer certaines activités entretien leurs fonctions intellectuelles tout en renforçant les liens affectifs. Un senior qui conseille, explique ou décide reste mentalement engagé. La famille devient ainsi un véritable espace thérapeutique quotidien, souligne Mme Josette Kankindi. Le déclin cognitif ne consiste donc pas seulement à entrainer la mémoire. Il s’agit de donner une structure aux journées. Lutter contre les temps morts, ce n’est pas remplir le temps à tout prix, mais lui donner du sens.
Vieillir en équilibre c’est continuer à bouger, à penser et à transmettre. Car, le cerveau qui à une mission reste en mouvement. Et le temps devient un allié plutôt qu’un fardeau. En somme, l’engagement social, l’activité adaptée et la transmission Intergénérationnelle contribuent au maintien de l’autonomie et à la préservation des capacités intellectuelles après 60ans, Eonclut Mme Kankindi
Evelyne Ndayongeje (Stagiaire)
