Le mercredi 9 septembre 2026 à Bujumbura, Nestor Ntahontuye , Premier ministre burundais a ouvert et animé un atelier consacré à l’analyse de l’état des engagements et transferts de fonds destinés aux provinces et communes dans le cadre de l’exécution budgétaire 2026-2027. « Cette rencontre vise également à évaluer l’exécution du budget et des activités de l’exercice 2025-2026, en vue d’améliorer la gestion des ressources publiques et d’accélérer la réalisation des projets de développement » a fait savoir M. Ntahontuye.

L’atelier a réuni différents responsables concernés par la chaîne de la planification, de l’engagement, du transfert, de l’exécution et du suivi des ressources publiques à travers les ministères. Il constitue, selon le Premier ministre, une séance de travail technique et d’orientation, mais aussi un exercice de responsabilité, de transparence et de redevabilité envers l’Etat.
Dans son intervention, M. Ntahontuye a souligné que la Vision nationale « pays émergent en 2040 et développé en 2060 » impose une révision en profondeur des méthodes de gestion publique. Il a insisté sur la nécessité d’une administration plus rapide, plus efficace et davantage orientée vers la satisfaction des besoins de la population.
« Nous devons passer d’une administration qui se limite à programmer et engager des crédits, à une administration qui produit effectivement des résultats mesurables au bénéfice de la population », a-t-il déclaré. M. Ntahontuye a ainsi appelé les responsables à ne pas considérer l’engagement des crédits comme une fin en soi. L’objectif, a-t-il expliqué, est de veiller à ce que les ressources mobilisées permettent effectivement de réaliser des activités et investissements prévus dans les Plans de travail et de budget annuels (PTBA).
Il a également rappelé que le budget-programme constitue un instrument essentiel de cette transformation. Celui-ci doit permettre de mieux établir le lien entre les ressources mobilisées, les crédits budgétaires, les activités réalisées, les investissements exécutés et les résultats obtenus.
Les provinces et les communes, au cœur de l’action publique
Le Premier ministre a accordé une attention particulière au rôle des provinces et communes dans la mise en œuvre des interventions publiques. Il a relevé que c’est au niveau territorial que se matérialise une grande partie des actions de développement, notamment les infrastructures, les travaux agricoles, l’appui aux activités économiques et les services destinés directement à la population.
Dans cette dynamique, il a estimé que les responsabilités confiées aux entités décentralisées et déconcentrées doivent être accompagnées des moyens nécessaires à leur exercice.
« Un crédit budgétaire qui n’arrive pas à destination dans les délais prévus est donc plus qu’une simple difficulté administrative », a-t-il fait remarquer. Il peut, selon lui, retarder un projet, bloquer une activité, différer un bénéfice attendu par la population et empêcher le personnel concerné de produire les résultats escomptés.
Des questions fondamentales pour débloquer les difficultés
A travers les données indiquant l’état d’exécution des engagements budgétaires par ministère, M. Ntahontuye a indiqué aux responsables que pour améliorer l’exécution budgétaire, ils doivent se poser des questions simples, mais fondamentales comme « où en est l’exécution du budget 2026-2027 ? Quels engagements ont déjà été effectués ? Quels fonds ont effectivement été transférés aux ministères, aux programmes budgétaires, aux provinces, aux communes et aux institutions?» a-t-il insisté.
Il a également demandé d’identifier les contraintes techniques, réglementaires, administratives ou financières qui ralentissent l’exécution des activités, ainsi que les mesures à prendre immédiatement pour corriger les difficultés constatées.
M. Ntahontuye a réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer la gestion des ressources publiques et de faire des provinces et communes des acteurs efficaces de la transformation du pays, conformément à la Vision nationale « pays émergent en 2040 et développé en 2060 ».
Ferdinand Hakizimana
