L’Assemblée nationale du Burundi a réuni en séance plénière au palais de Kigobe, le lundi 4 mai 2026. À l’ordre du jour figurent la présentation du rapport définitif d’audit de la gestion de l’hôpital clinique Prince Louis Rwagasore, et du rapport définitif d’audit de l’hôpital de Cankuzo produits par la Cour des comptes ainsi que les questions orales avec débats adressées au ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi qui était l’invité du jour, sur les rapports susmentionnés. L’audit réalisé par la Cour des comptes sur la gestion de ces deux hôpitaux montre des insuffisances auxquelles font face ces structures sanitaires.

En considération de l’article 183 de la Constitution de la république du Burundi, la loi organique n°1/20 du 20 juin 2022 relative aux finances publiques en son article 64 et dans le respect de la loi n°1/002 du 31 mars 2004 régissant la Cour des comptes, en ses articles 2, 5 et 28, la Cour des comptes a déposé à l’Assemblée nationale le rapport définitif d’audit sur la gestion de la clinique Prince Louis Rwagasore (CPLR) ainsi que l’esprit de l’analyse de ce rapport d’audit qui s’articule sur le cadre légal, des objectifs de l’audit, la méthodologie de travail utilisée, la délimitation de l’audit, les caractères de l’audit ainsi que le caractère définitif du rapport.
Les élus du peuple indiquent que le Burundi a intégré récemment le système de digitalisation en usant des techniques numériques dans tous les aspects d’une entreprise ou de la société pour transformer les processus, améliorer la performance et créer de nouvelles opportunités pour le bon fonctionnement des institutions. Ces élus du peuple ont voulu savoir que ce système de digitalisation est appliqué dans les services du ministère de la Santé publique en général et dans ceux de la CPLR en particulier.
Le ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, a répondu que le système de digitalisation est appliqué dans les services du ministère de la Santé publique en général et CPLR en particulier en précisant que le gouvernement du Burundi a pris les devants dans la digitalisation, ce qui a motivé les partenaires de la santé à appuyer la digitalisation des Formations sanitaires (Fosa).
Il ressort de ce rapport que les mécanismes de gouvernance et de contrôle interne présentent des insuffisances susceptibles d’affecter la performance globale de la CPLR. Sur ce point, les députés ont voulu aussi savoir les mesures concrètes prises afin de renforcer la gouvernance sanitaire, améliorer le contrôle interne et garantir une meilleure redevabilité dans la gestion de cet hôpital. M. Fidèle Nkezabahizi a donné des éclaircissements en indiquant que le ministère organise régulièrement des inspections des hôpitaux à travers l’inspection générale de la santé publique. Afin de garantir une meilleure redevabilité, des contrats de performance institutionnels et individuels sont signés chaque année.
Le renforcement de la supervision est recommandé
Le ministère de la santé publique envisage également de renforcer la supervision et d’impliquer davantage les usagers ainsi que le service de contrôle dans le suivi de la gestion hospitalière, ce qui contribuera au renforcement de la gouvernance sanitaire.

Quant au rapport définitif d’audit de l’hôpital de Cankuzo, le service de laboratoire de cet hôpital connaît un dysfonctionnement en ce qui concerne les examens d’hématologie suite à une panne de la machine d’analyse PKL, récupérée par le fournisseur pour réparation, mais qui n’a pas été remise à l’hôpital. A ce sujet, les élus du peuple ont voulu savoir que cette machine récupérée le 27 août 2022 par le fournisseur pour réparation n’est encore remise à cet hôpital jusqu’à présent.
Le ministre a répondu que la machine a été acquise sous forme de don de la part de World Vision (WV) qui mettait en œuvre le projet «Twiteho Amagara» en 2022. La machine avait été acheté chez un fournisseur dénommé KBT Ruhuka par le WV. Celle-ci est tombée en panne alors qu’elle n’était pas sous garantie. Le fournisseur l’a récupérée pour l’amener dans son atelier afin de la réparer. Constatant que la réparation tardait, l’hôpital adressé deux lettres au fournisseur pour lui demander de restituer l’appareil mais ce dernier n’a jamais réagi.
S’agissant du fonctionnement du service laboratoire, M. Nkezabahizi a indiqué que ce service est opérationnel car au moment de la réception du don, l’hôpital disposait d’un autre appareil d’hématologie qui est toujours fonctionnel. Afin d’assurer la continuité des prestataires, l’hôpital prévoit d’inscrire, dans le PTBA 2026-2027, l’achat d’un autre appareil. Signalons que plusieurs recommandations ont été formulées pour assurer un suivi régulier et une mise en application dans les meilleurs délais.
Fidèle Hatangimana
