L’Institution de l’ombudsman est mise en place par la Constitution et a pour mission essentielle de s’assurer que les droits, de la personne humaine sont promus et respectés par les différents acteurs étatiques. Elle reçoit les plaintes relatives aux violations des droits de l’homme commises par des agents publics, y compris des acteurs du secteur judiciaire. Elle dresse ensuite des rapports et recommandations aux responsabilités pour des solutions aux violations constatées. Tels sont les propos de Tharcisse Havyarimana, coordinateur de cette institution dans la région Ouest du Burundi.

M. Havyarimana précise que cette institution est indépendante et est chargée de la médiation entre l’administration et les citoyens. Elle est intimement lié à cette quête de justice accessible et équitable.
«A travers nos interventions quotidiennes, nous constatons que de nombreux Burundais, en particulier les femmes, les jeunes et les personnes vulnérables, font face à des obstacles multiples. Méconnaissance de leurs droits, insuffisance de moyens financiers pour se payer un avocat, lenteur procédurale ou encore difficulté d’accès aux services judiciaires», a-t-il déclaré
Surpopulation carcérale, une préoccupation majeure dans le pays
M. Havyarimana souligne aussi que la question de la surpopulation carcérale demeure une préoccupation majeure dans le pays. «Vous êtes au courant que dans ces maisons carcérales, il demeure toujours des personnes qui ont bénéficié de la détention provisoire et qui restent dans les cachots. Des personnes qui, ayant terminé leur peine, n’ont pas été libérées. Des personnes acquittées, mais qui restent là. Des personnes qui passent deux ou trois ans sans voir le juge», a-t-il insisté
Cette situation appelle à une mobilisation accrue de tous les acteurs du secteur judiciaire afin de promouvoir des solutions durables, notamment le recours accru à l’assistance judiciaire, l’accélération du traitement des dossiers, le respect des garanties procédurales et le respect des décisions judiciaires marquées.
«Parce qu’après tout, si vous assistez à une personne et qu’elle est acquittée, et qu’elle n’est pas libérée, et que les décisions judiciaires ne sont pas exécutées, c’est toujours l’absence et une lacune à la justice», a-t-il précisé
Selon lui, on peut parler de justice lorsque quelqu’un qui a été acquitté n’est pas libéré. Il appelle tout un chacun à manifester le professionnalisme et l’engagement qui vont contribuer activement au renforcement de l’état de droit, ce sera une fierté et leurs actions s’inscrivent pleinement dans la vision nationale de leur gouvernement, qui a pour ambition de faire un pays émergent à l’horizon 2040, un pays développé en 2060.
M. Havyarimana indique que ce sont ces personnes qui développent le pays. Une personne incarcérée mobilise plus de cinq personnes de la famille d’origine qui ne vont plus normalement à leurs activités quotidiennes. Il y a des gens qui s’en rendent compte, mais c’est une perte énorme. Ce n’est pas seulement une personne qui est incarcérée, mais aussi toute la famille qui perd du temps pour le développement du pays. Une telle ambition exige des institutions fortes, une justice crédible, et une inclusion effective de toutes les composantes de la société sans distinction. Il a enfin souligné que toute personne qui ne doit pas être dans une maison carcérale ne doit être respectée dans sa dignité et ses droits les plus fondamentaux.
Fidèle Hatangimana
