Les cérémonies marquant la célébration de la Journée internationale du travail et des travailleurs se sont déroulées dans une ambiance à la fois festive et empreinte de responsabilité, sous le haut patronage du chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye. Au cœur des interventions, la question de la production nationale comme levier principal pour améliorer, durablement, les conditions de vie des travailleurs.

Au nom de la Confédération des syndicats du Burundi (Cosybu), son représentant a salué la volonté du gouvernement, matérialisée par la récente promulgation de la loi portant modification de certaines dispositions relatives à la protection sociale. Une réforme attendue, notamment pour améliorer le traitement des retraités, et qui traduit l’engagement du chef de l’Etat à honorer ses promesses en matière de justice sociale. Il a tout de même souligné plusieurs défis qui hantent la vie des travailleurs au quotidien.
S’inscrivant dans le thème du jour, le président de la République a répondu, sans détour, aux doléances des syndicalistes. Il a reconnu les limites actuelles des finances publiques, indiquant que le gouvernement ne dispose pas encore de moyens suffisants pour satisfaire immédiatement toutes les revendications. « La solution durable réside dans l’augmentation de la production », a-t-il insisté, appelant les travailleurs, en particulier les fonctionnaires, à redoubler d’efforts pour contribuer à la croissance économique. Il a en outre invité ces derniers à revisiter le budget de l’Etat, caractérisé par un déficit persistant qui restreint les marges de manœuvre de l’Exécutif. Dans le même élan, le chef de l’Etat a encouragé les initiatives productives qui se multiplient à travers le pays, soulignant que les résultats déjà enregistrés doivent servir de modèle.

Des champions de la production à l’honneur
Le moment fort des cérémonies était la remise des prix aux Burundais qui se sont distingués dans l’augmentation de la production. Classés par province, ces acteurs du développement ont été récompensés pour leurs performances exemplaires.
En tête, la province de Buhumuza, avec Ali Nibonye, reconnu pour ses exploits dans la production agropastorale et les cultures d’exportation. Il a reçu une enveloppe de trente cinq millions de francs burundais (35 000 000 FBu). La deuxième place est revenue à la province de Butanyerera, grâce à Marc Manirakiza alias Posheni, promoteur de cultures d’avocats Hass destinés à l’exportation, de piment exportable et d’une usine de lavage de café. Une enveloppe de vingt cinq millions de francs burundais (25 000 000 FBu) lui a été attribuée. En troisième position, Côme Nzokirantevye de la province de Gitega s’est illustré par la culture sous serre et la mécanisation agricole, générant plus de cent vingt emplois. Il a bénéficié d’une enveloppe de vingt millions de francs burundais (20 000 000 FBu). En quatrième position, la province de Bujumbura s’est distinguée à travers Etienne Niyonzima, apiculteur produisant douze tonnes de miel par an et exploitant quinze hectares de bananeraies, avec plus de cent cinquante employés. Il a reçu quinze millions de francs burundais (15 000 000 FBu). Enfin, pour la province de Burunga, c’est Béatrice Nsabimana, agro-éleveuse spécialisée dans la production semencière sous serre et la culture irriguée du blé sur quarante hectares, a été primée à hauteur de dix millions de francs burundais (10 000 000 FBu).
Au-delà des performances individuelles, le Burundi continue de se démarquer sur le plan du bien-être social. Les Nations unies ont salué les actions de la Fondation bonne action Umugiraneza, en reconnaissance de ses multiples initiatives en faveur de la santé publique, renforçant ainsi l’image du pays sur la scène internationale. D’où le gouvernement a primé cette fondation dirigée par la Première dame Angeline Ndayishimiye en reconnaissance de ses actions en faveur de la santé publique. Ainsi, une ambulance lui a été décernée pour l’appuyer.
Dialogue social et exigence de performance
Le président Ndayishimiye a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue franc et sincère avec les partenaires sociaux. Toutefois, il a mis en garde contre toute forme de relâchement dans le secteur public.
Désormais, a-t-il prévenu, une évaluation systématique des performances sera instaurée, afin de promouvoir la culture du résultat et bannir la fainéantise.
Amédée Habimana
