Garantir une stabilité durable sur l’ensemble du continent africain
Après avoir participé, le samedi 24 et le dimanche 25 octobre 2026, à la 12e édition du Forum annuel de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique tenue en République fédérale démocratique d’Ethiopie, le président de la République du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Evariste Ndayishimiye, est rentré le dimanche 25 octobre 2026. Cette rencontre internationale a réuni dirigeants actuels, anciens chefs d’État et experts pour débattre des défis majeurs de la paix et de la gouvernance sur le continent.

Selon le porte-parole adjoint du président Burundais, Floribert Biyereke, le sommet de Tana constitue un cadre consultatif essentiel destiné à éclairer les grandes préoccupations sécuritaires de l’Afrique. Bien que non décisionnel, ce forum offre un espace de réflexion stratégique axé sur la paix, la sécurité et la gouvernance.
Lors de la cérémonie d’ouverture qu’il a présidée, M. Ndayishimiye a dressé un diagnostic sans concession des crises qui secouent le continent, mentionnant notamment les tensions en République démocratique du Congo, au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et en Somalie. M. Ndayishimiye a vivement déploré la lenteur d’action des mécanismes continentaux face à l’escalade des conflits. Selon le porte-parole adjoint, il a rappelé que l’Afrique dispose pourtant d’outils de prévention adéquats, tels que les réseaux de médiateurs, les systèmes d’alerte précoce et les forces prépositionnées en attente, qui devraient permettre d’éviter de lourdes pertes humaines si la réactivité était au rendez-vous.
Souveraineté économique et transformation géopolitique
Pour surmonter ces faiblesses structurelles, M.Ndayishimiye préconise deux leviers majeurs : la souveraineté économique et la transformation géopolitique.
Sur le plan économique, M. Biyereke a rapporté que le président insiste sur la capacité des États africains à valoriser leurs propres ressources. L’objectif est de mobiliser des financements internes autonomes pour conduire la gestion quotidienne des affaires et soutenir directement les opérations de maintien de la paix.
Dépendre systématiquement de l’aide extérieure pose un problème d’efficacité et de calendrier, l’assistance n’arrivant pas toujours en temps utile.
Sur le plan géopolitique, M. Ndayishimiye a réitéré la nécessité urgente d’inscrire le continent au cœur du multilatéralisme global, en réclamant une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies afin d’y garantir une représentation permanente de l’Afrique. En parallèle, il a souligné l’importance d’une intégration régionale accrue pour faciliter la libre circulation des biens et des personnes, renforçant ainsi la coopération et la complémentarité entre pays voisins.
Relayant les débats du panel de haut niveau auquel le président burundais a pris part aux côtés de figures politiques et de spécialistes de la sécurité, M. Biyereke a résumé une métaphore marquante du chef de l’État : « Un demandeur d’aumône n’est jamais libre, car il a les mains liées et agit selon la volonté de celui qui donne. » Pour briser ce lien de dépendance, la maîtrise des richesses naturelles et la consolidation d’institutions fortes s’imposent comme des préalables indispensables. La souveraineté politique demeure illusoire sans une réelle autonomie financière.
Enfin, l’ensemble des intervenants a convergé vers le fait que la résolution durable des crises sécuritaires repose sur l’assainissement de la gouvernance interne. M. Biyereke a indiqué que les échanges ont mis en lumière le besoin d’établir une relation de confiance réciproque entre les dirigeants et les citoyens. En somme, la volonté politique et la bonne gouvernance demeurent les deux conditions sine qua non pour répondre aux aspirations des populations et garantir une stabilité durable sur l’ensemble du continent africain.
Jean Marie Ndayisenga
