L’accès aux crédits bancaires, un défi majeur
De nombreuses femmes se lancent dans le commerce pour subvenir aux besoins de leurs familles. Malgré leur courage et leur détermination, elles rencontrent plusieurs difficultés qui empêchent le développement de leurs activités ; Selon les témoignages de certaines femmes, le manque de capital reste l’un des principaux problèmes. Pour l’enseignante et experte en banque et finance, Francine Nduwayezu, l’accès aux crédits bancaires est difficile à cause des garanties exigées.

Dorine Irakoze, propriétaire d’un restaurant en commune Mukaza, explique avoir commencé son activité avec un petit capital. Grâce à ses efforts, elle a progressivement agrandi son commerce malgré les difficultés rencontrées. « Faute de garanties pour demander un prêt auprès des banques, j’ai emprunté une petite somme chez un proche, afin de commencer mon business », raconte-t-elle.
Pour l’experte, certaines femmes ont de bons projets, mais elles rencontrent des difficultés lorsqu’elles cherchent des investisseurs ou des crédits. Le manque de capital reste le principal problème. L’accès aux crédits bancaires est aussi difficile à cause des garanties demandées par les banques et un manque de confiance de certains partenaires financiers et commerciaux.
Les femmes entrepreneures font également face à d’autres difficultés, notamment le manque de formation en gestion, les responsabilités familiales et les dépenses liées au foyer. A cela s’ajoutent les taxes et les différents frais liés à certaines activités commerciales.
Mme Irakoze évoque aussi la forte concurrence. Selon elle, il devient difficile de faire des bénéfices lorsque plusieurs commerçants vendent les mêmes produits. Cette situation oblige parfois les entrepreneures à réduire leurs prix pour attirer ou garder leurs clients. « Les prix des denrées augmentent souvent alors que les clients veulent toujours payer moins cher », explique-t-elle.
Pour l’experte en banque et finance, il faut renforcer les formations destinées aux femmes entrepreneures, notamment dans la gestion de l’argent, le marketing et l’utilisation des outils numériques. « Ces compétences peuvent aider les femmes à mieux organiser leurs activités et à attirer, davantage, de clients », souligne-t-elle.
Elle recommande aussi de mettre en place des crédits adaptés aux petites entrepreneures, afin de les aider à démarrer et à développer leurs activités. Elle encourage, enfin, la création d’espaces d’échange entre femmes entrepreneures pour leur permettre de partager leurs expériences, de s’entraider et de trouver, ensemble, des solutions aux difficultés rencontrées.
Eric Tuyishemeze
