L’intérêt supérieur de l’enfant doit être garanti
La loi burundaise admet le divorce comme mécanisme légal permettant aux époux de mettre fin à leur union lorsque la vie conjugale devient insupportable. Elle prévoit donc des conditions dans lesquelles le divorce peut être prononcé par les juridictions compétentes. L’un des motifs les plus fréquemment invoqués est l’adultère, considéré comme une violation grave des devoirs conjugaux de fidélité et de respect mutuel. Malgré ces possibilités de séparation, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être garanti. C’est notre reportage.

Patrice Nahayo habite sur la colline Muyinga. Il fait savoir que personne ne se marie en ayant l’intention de divorcer, et nul ne comprend mieux la douleur que peut causer un divorce que celui ou celle qui en a subi les conséquences. Selon lui, lorsqu’un couple en vient à la conclusion de divorcer, il est essentiel qu’il pense avant tout aux enfants qu’ils ont mis au monde. « Il est profondément regrettable de voir un enfant grandir dans de mauvaises conditions à cause des erreurs commises par l’un ou l’autre de ses parents », indique-t-il.
Selon Vianney Ndayisaba, coordinateur national de l’Association de lutte contre le chômage et la torture (Aluchoto), le divorce peut être légalement prononcé lorsqu’il est clairement établi qu’un des époux a porté atteinte aux droits conjugaux de l’autre: « Dans le cas où une femme est surprise en flagrant délit d’adultère ou s’il est prouvé qu’elle donne naissance à un enfant extra conjugal surtout lorsque son mari était absent depuis un certain temps. Dans une telle situation, le mari a le droit de demander le divorce», précise-t-il. Il indique qu’il en est de même pour les hommes. Selon lui, si un homme est surpris sur le fact d’ adultère, sa femme peut demander le divorce. Il ajoute que d’autres choses qui poussent les couples à divorcer, c’est lorsque l’un d’eux dévoile les secrets conjugaux ou quitte le foyer. « La loi s’applique si l’un des époux quitte son foyer pour une période allant jusqu’à six mois ou plus », poursuit-il.
M. Ndayisaba précise également que, lorsqu’un couple divorce et procède au partage des biens, 50 % de la part attribuée à l’homme peuvent être utilisés s’il décide de se remarier. En revanche, la part attribuée à la femme est destinée exclusivement à la prise en charge des enfants, et elle ne peut ni la vendre ni la partager librement. Il ajoute que si la femme choisit de se remarier ou de rejoindre un autre homme, les biens qu’elle avait obtenus dans le cadre du partage retourneront du côté de son ancien mari, tandis que les enfants resteront sous la garde de ce dernier. M. Ndayisaba insiste sur le fait qu’en cas de divorce, la loi burundaise accorde toujours la priorité aux droits et au bien-être des enfants.
Etienne Nduwimana
