A l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement le vendredi 5 juin 2026, la Maison de la presse du Burundi et le projet MeDIC/AFJO ont réuni journalistes et experts pour débattre de la « paix environnementale et climat ». Face à l’urgence climatique qui frappe de plein fouet le pays, le rôle des professionnels des médias et la mobilisation communautaire s’imposent comme des leviers de résilience indispensables.

Ouvrant les travaux de cette conférence publique, la représentante légale de l’Association des femmes journalistes du Burundi (AFJO), Francine Ndihokubwayo, a d’abord dressé un bilan sombre de la situation locale. Elle a déploré le fait que les inondations, les glissements de terrain et l’érosion des sols affectent directement les moyens de subsistance des populations burundaises, touchant en premier lieu les groupes les plus vulnérables comme les femmes et les enfants.
Rappelant le slogan international de cette année, « Les signes sont clairs, la suite nous appartient maintenant pour le climat», Mme Ndihokubwayo a insisté sur le fait que le changement climatique constitue désormais une réalité quotidienne et non plus une menace lointaine. Pour inverser la tendance, elle a mis en avant les ambitions du projet MeDIC, mené avec l’appui de l’ONG Eirene, dont l’objectif est de promouvoir la paix environnementale tout en renforçant la cohésion sociale au sein des communautés.
Mme Ndihokubwayo a ensuite réaffirmé l’engagement de son association à former les professionnels des médias pour diffuser des informations fiables et basées sur des données probantes. Selon elle, les journalistes possèdent la force de sensibilisation nécessaire pour éveiller les consciences, vulgariser les bonnes pratiques et pousser les décideurs ainsi que les citoyens à agir de manière responsable.
Une urgence de la lutte antiérosive face à la vulnérabilité du pays
Abondant dans le même sens, Christian Nimubona, responsable de l’adaptation et de l’atténuation des changements climatiques au ministère de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage, a rappelé les risques majeurs auxquels le Burundi est exposé. Bien que la célébration nationale soit prévue pour le 26 juin 2026 couplée à la 6e journée des frontières en Afrique, M. Nimubona a souligné qu’une étude classe le Burundi parmi les dix nations les plus vulnérables au monde face aux dérèglements climatiques, une fragilité accentuée par sa topographie.
Il a également démontré l’impact négatif de ces bouleversements sur l’économie nationale, citant notamment la chute de la productivité agricole, la dégradation des infrastructures hydro-agricoles et hydro-électriques, ainsi que les inondations dévastatrices survenues à Gatumba et sur le littoral du lac Tanganyika.
Protéger les sources d’eau avant la saison sèche
Face à ce constat, M. Nimubona a interpellé le gouvernement et toutes les couches de la population, pour qu’ils adoptent des gestes quotidiens éco responsables. A l’approche de la saison sèche, il a exhorté la communauté à lancer immédiatement une campagne nationale de traçage de fossés antiérosifs à travers une approche communautaire.
Cette technique permet, non seulement de freiner la dégradation des sols, mais aussi d’alimenter les nappes phréatiques pour nourrir les sources. L’enjeu est de taille : M. Nimubona a rappelé qu’une étude de 2014 révélait que 10% des sources d’eau du pays étaient déjà asséchées, avec un rythme d’assèchement qui s’accélère.
Enfin, il a appelé à une vigilance absolue contre les feux de brousse, rappelant que la législation nationale prévoit des sanctions sévères contre ces actes qui détruisent les jeunes arbres fraîchement plantés.
Jean marie Ndayisenga
