Des champs bien aménagés, une innovation réussie
Dans la commune de Shomho de la province de Gitega, la dynamique de modernisation agricole prend de l’ampleur sous l’impulsion des autorités locales. La sensibilisation des agriculteurs à l’adoption de techniques innovantes et l’organisation collective des exploitants transforment progressivement le paysage agricole, avec des résultats déjà impressionnants tant sur les collines que dans les marais. C’est le constat du quotidien Le Renouveau lors de ses descentes, dernièrement, sur différentes collines de cette commune.

S’inscrivant dans le cadre de la mise en œuvre de la vision nationale de développement, les autorités communales de Shomho multiplient les initiatives visant à promouvoir une agriculture moderne, productive et respectueuse de l’environnement. Sensibilisation des agriculteurs, vulgarisation des techniques innovantes et encouragement à l’organisation collective figurent parmi les principales actions entreprises.
Réceptifs à cet appel, les agriculteurs de la commune Shombo, passionnés par le travail de la terre et le souci d’améliorer leurs rendements, se sont rapidement approprié ces nouvelles pratiques. Aujourd’hui, sur plusieurs collines de la zone Shomho, des champs bien aménagés témoignent de l’adoption effective des innovations techniques et organisationnelles.
Sur la colline Gitaramuka, un champ de 25 hectares attire particulièrement l’attention. Il appartient à Léonidas Nimpagaritse, un multiplicateur de semences, devenu une référence locale en matière d’agriculture moderne. Sur son exploitation, il pratique la multiplication de semences de pommes de terre sous serre, une technique innovante permettant d’améliorer à la fois la qualité et le rendement des cultures. Outre cette activité,M. Nimpagaritse dispose d’un cheptel de plus de 40 vaches de race améliorée, illustrant une intégration réussie de l’agriculture et de l’élevage. Son expérience a inspiré de nombreux agriculteurs des environs. En témoignent les vastes champs de maïs et de pommes de terre observés dans cette localité, signes d’une maîtrise croissante des techniques agricoles améliorées.
La mise en commun des terres, une pratique en plein essor
L’agriculture améliorée passe également par l’organisation collective. Sur la colline Gikombe, les agriculteurs ont adopté la technique de mise en commun des terres. Sur une superficie de cinq hectares, des exploitants ont cultivé le maïs de variété PANAR 53. À l’observation, la culture présente un bon état végétatif, traduisant une adoption réussie des semences améliorées et un respect des itinéraires techniques recommandés. Selon les agriculteurs rencontrés sur place, cette approche collective facilite l’accès aux intrants, améliore la gestion des champs et favorise une production plus rentable
Les techniques agricoles modernes ne se limitent pas aux champs en altitude. Elles sont également appliquées dans les marais. Dans la vallée de la rivière appelé “Kucintama”, des agriculteurs exploitent des terres mises en commun pour la culture du riz. Rencontrés sur place en pleine activité de désherbage, ces riziculteurs expliquent qu’ils ont bénéficié de formations sur les techniques culturales appropriées, ce qui leur permet d’espérer une production plus abondante et de meilleure qualité.
L’adoption progressive de l’agriculture améliorée marque un tournant important vers une agriculture plus productive, organisée et durable. Les résultats déjà visibles sur le terrain laissent entrevoir des perspectives prometteuses, tant pour la sécurité alimentaire que pour l’amélioration des revenus des ménages agricoles.
Eric Sabumukama
