Dans les lieux accueillant quotidiennement un grand nombre de personnes, l’hygiène demeure un enjeu majeur pour la santé publique. Pourtant, dans plusieurs espaces fréquentés, l’accès à des installations adéquates pour le lavage des mains reste encore insuffisant. Selon les témoignages recueillis le 16 juin 2026 auprès de certains habitants de la commune Mukaza, cette situation expose la population à des risques sanitaires pourtant évitables.

Rencontré au kiosque Brarudi du centre-ville, Hervé Girukwishaka constate que dans cet endroit où des centaines de personnes se retrouvent chaque jour, tout comme au parking central, il n’existe ni de robinets ni seaux d’eau accompagnés de savon permettant aux usagers de se laver les mains. « Ces dispositifs devraient être systématiquement installés dans tous les lieux publics, afin de limiter les risques sanitaires », estime-t-il.
Selon lui, nombreuses personnes manipulent quotidiennement des produits alimentaires, de l’argent ou encore divers objets susceptibles de transporter des bactéries. Il considère que permettre à chacun d’avoir facilement accès au lavage des mains contribuerait à réduire la propagation de plusieurs maladies, notamment les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires ainsi que d’autres infections liées au manque d’hygiène.
De son côté, Grâce Kwizera, rencontrée à Bwiza, se souvient de la période du coronavirus. « A cette époque, presque toutes les maisons de commerce disposaient des seaux d’eau avec du savon, afin que chaque client se lave les mains avant d’entrer ou de sortir. Mais, aujourd’hui, ces mesures ont été abandonnées et on ne trouve presque plus de robinets ou de seaux d’eau devant les magasins, boutiques ou restaurants, aussi bien au centre-ville que dans les quartiers de Mukaza. Pourtant, ce sont des endroits où circulent énormément de personnes », rappelle-t-elle.
Selon elle, la présence de dispositifs de lavage des mains favorise progressivement l’adoption de bonnes habitudes. Elle explique que lorsqu’un point d’eau accompagné de savon est visible et facilement accessible, les gens, sont, davantage, encouragés à l’utiliser. « Il ne s’agit pas seulement d’une infrastructure, mais aussi d’un outil d’éducation sanitaire qui sensibilise indirectement la population à l’importance de l’hygiène au quotidien », souligne-t-elle.
Quant à Chantal Butoyi, vendeuse de vêtements au marché de Jabe, elle affirme que des seaux d’eau et du savon sont bien disponibles aux entrées du marché, mais regrette que beaucoup de personnes ne prennent pas l’habitude de se laver les mains. « Il y a un besoin urgent de sensibilisation, afin que la population adopte davantage, les mesures de prévention les maladies liées aux mains sales », explique-t-elle.
Face à cette situation, les personnes interrogées appellent tout un chacun à accorder davantage l’attention à cette question. Car, se laver les mains, c’est non seulement se protéger soi-même, mais aussi contribuer à la protection de la santé de toute la communauté.
Eric Tuyishemeze ( Stagiaire)
