Le Premier ministre burundais, Nestor Ntahontuye, a procédé, le mardi 4 août 2026, au chef-lieu de la province de Buhumuza, au lancement officiel des ateliers provinciaux consacrés à l’ouverture des crédits budgétaires de l’exercice 2026-2027. Ces rencontres, qui seront organisées dans toutes les provinces du pays après l’atelier national tenu du 23 au 24 juillet 2026 à Bujumbura, visent à assurer une appropriation effective de la loi de finances 2026-2027 et des réformes budgétaires par les acteurs chargés de leur mise en œuvre.

Dans son discours, M. Ntahontuye a indiqué que le Burundi poursuit sa marche vers la Vision d’un pays émergent en 2040 et développé en 2060, à travers le Plan national de développement révisé 2018-2027 et les réformes des finances publiques. Depuis 2022, le pays applique le budget-programme afin de passer d’une logique de consommation des crédits à une gestion axée sur les résultats, où chaque franc mobilisé doit produire un impact concret sur le développement économique et social. Selon Le Premier ministre Ntahontuye, l’exercice 2026-2027 marque le début effectif de la déconcentration et la décentralisation de l’exécution budgétaire. Cette réforme permettra de rapprocher les services publics des citoyens, d’alléger les procédures administratives et de faire des provinces et communes de véritables pôles de développement territorial.
Il a précisé que les recettes prévues pour l’exercice 2026-2027 s’élèvent à 6 347,21 milliards de BIF, contre 5 015,69 milliards en 2025-2026, soit une hausse de 27,5 %, tandis que les dépenses atteignent 6 732,17 milliards de BIF, en augmentation de 25,8 %. Le budget présente un déficit maîtrisé de 384,96 milliards de BIF. Pour soutenir cet effort, le gouvernement entend renforcer la mobilisation des ressources intérieures par la modernisation de l’administration fiscale, la digitalisation de la collecte des recettes, l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre la fraude et la contrebande ainsi que le recouvrement des créances. M. Ntahontuye a également présenté les principales innovations introduites dans l’exécution du budget. Elles portent notamment sur la reconnaissance des directeurs provinciaux chargés du budget comme ordonnateurs secondaires des crédits alloués aux directions provinciales, le rôle des gouverneurs dans l’ordonnancement des crédits de fonctionnement de leurs cabinets, le renforcement des responsabilités du Fonic dans la gestion des crédits d’investissement destinés aux communes, la désignation de comptables publics provinciaux et communaux ainsi que la mise en place d’un mécanisme spécifique de gestion des crédits de fonctionnement des administrations provinciales et communales.
Le Premier ministre a souligné que ces réformes permettront d’améliorer la rapidité d’exécution des programmes publics, de renforcer la qualité des services, la transparence et la redevabilité des gestionnaires. Il a invité les participants à s’approprier de nouvelles procédures, contribuer activement aux échanges et assumer pleinement leurs responsabilités afin de garantir une exécution efficace du budget 2026-2027 et d’accélérer la réalisation de la Vision du Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060.
Les travaux ont réuni notamment le gouverneur de province, les responsables du Fonic (Fonds national d’investissement communal), les administrateurs communaux, les secrétaires exécutifs communaux, les responsables des finances au niveau provincial et communal ainsi que les directeurs provinciaux des différents services publics.
Amédée Habimana
