Certaines décisions administratives prises (vente des produits Brarudi, commercialisation de la viande, protection de l’environnement) sont respectées dans différentes communes du pays comme à Bubanza, Butaganzwa et Mugere, d’après les administrateurs communaux interrogés à ce propos. Pour le bien-être de la population, celles qui ne sont pas respectées nécessitent de suivi régulier et des mesures d’accompagnement, mais également, des réunions sont organisées pour y apporter des solutions. # Ivyo twatohoje

« Au sein de notre localité, certaines mesures prises par nos autorités administratives sont respectées mais des fois, nous constatons qu’il y a d’autres qui nous semblent difficiles à respecter comme le pavage devant nos habitations étant donné nous n’avons pas de moyens nous permettant de faire ce travail. C’est le même cas pour une autre mesure prise de peindre nos habitations qui nécessite aussi des moyens ». Tels sont les propos de certains habitants des quartiers de la ville de Bujumbura. D’autres saluent le programme d’hygiène et assainissement qui a permis d’embellir et rendre propre la capitale économique.
D’après Sabbas Niyokindi, administrateur de la commune Bubanza, les décisions prises proviennent de la commune ou au niveau national. A cet effet, « nous tenons souvent à informer la population sur ces mesures, et elle les exécute. En guise d’exemple, étant donné que le prix du bétail sur le marché avait connu une baisse, nous avons pris la décision concernant la diminution du prix de la viande pour que cette denrée alimentaire puisse être accessible à tous. Auparavant, 1 kg de viande coûtait entre 30 000 et 35 000 FBu. Ainsi, les bouchers de cette commune ont respecté cette décision jusqu’à 90% ».
Mais, il y a des récalcitrants qui ne l’ont pas respecté, et on leur a infligé des amendes conformément à la loi pour l’intérêt de la population. Actuellement, la situation s’est normalisée. En ce qui concerne l’hygiène et assainissement, la population y a répondu massivement et il n’y a pas eu à cet effet de sanctions, a souligné M.Niyokindi.
Régler le problème ensemble
Pour Onésime Ngendandumwe, administrateur de la commune Butaganzwa, toutes les mesures prises par la commune sont exécutées car nous devons faire leur contour pour l’intérêt de tous, que ce soit les commerçants ou les consommateurs. Les conséquences ne manquent pas dans la mesure où les citoyens prennent à la légère les décisions prises, et de ce fait, ces dernières ne sont pas appliquées à la lettre.
Concernant les prix des produits de la Brarudi, celui qui ne les respecte pas, subit des sanctions avec payement des amendes. Pour cela, la population affiche un sentiment de satisfaction pour le respect des mesures prises. Pour ce qui est du prix de la viande, il est difficile de fixer le prix car des changements s’observent souvent dans la vente du bétail, « c’est pour cette raison que je n’ai pas pris de mesures conséquentes pour cette denrée alimentaire », a conclu M.Ngendandumwe.
Pour Adélaide Hatangayo, administrateur de la commune Mugere, les décisions prises sont en général mises en application. En guise d’exemple, le respect des prix pour certaines denrées alimentaires et ceux des produits de la Brarudi. « Nous faisons un suivi régulier et avons pris des mesures sur certains produits. Pour le cas du prix de la viande, la vente du bétail a connu une baisse mais sur les marchés de Ruziba et Musaga, les bouchers continuaient à vendre la viande sur un prix élevé. A cet effet, nous avons organisé des réunions avec les représentants des commerçants et bouchers eux-mêmes pour pouvoir arriver à un consensus ».
Cette mesure a été respectée, mais dans certains marchés, il y a eu des lamentations de la part de la population disant qu’elle n’est pas respectée, et nous avons réglé cette question avec eux. Avant, 1 kg de viande coûtait 35000 FBu ou 40 000 FBu, mais on s’est convenu de le vendre à 28 000 FBu.
En ce qui concerne la protection de l’environnement, la commune Mugere a instauré la mesure de creusement des puits pour la rétention de l’eau afin d’éviter l’érosion du sol. La mesure de l’hygiène et assainissement a été également appliquée car au niveau des collines et quartiers, il y a eu un changement, et les routes sont protégées et des caniveaux ont été tracés. Pour Mme Hatangayo, s’il y a des décisions qui ne sont pas respectées, cela est dû au fait que la population n’est pas au courant ou n’a pas été suffisamment informé sur l’importance de cette mesure prise.
L’administrateur de la commune Mugere a souligné que dans l’ensemble, les mesures prises sont respectées dans cette circonscription. S’il y a un cas de refus qui se manifeste, nous suivons de près le concerné pour pouvoir régler ce problème ensemble.

Un travail au quotidien
Quant à Dieudonné Ndayisenga, Vice-président du conseil communal de Mugere, il n’y a aucune décision qui n’est pas respectée prise par ce conseil communal. Celles qui ne sont pas exécutées nécessitent des mesures d’accompagnement, et des réunions sont organisées pour y apporter des solutions. « Il s’agit d’un travail au quotidien nécessitant d’être aux côtés des citoyens. Il peut arriver qu’une décision puisse être prise et les concernés ne la comprennent pas. Dans ce cas, des explications s’avèrent nécessaires. A cet effet, l’administration communale doit jouer son rôle pour aider la population à mettre en application certaines mesures ».
Au niveau du conseil communal, nous y revenons et faisons un suivi régulier. Nous sommes convaincus que l’administrateur communal est à l’œuvre, et là où certaines décisions ont observé un retard dans leur application, il fallait donner plus d’éclaircissements dans des réunions organisées, a ajouté M.Ndayisenga.
Le rôle de la population est incontournable car il n’y a pas de décisions prises sans son point de vue. Pour cela, les décisions prises le plus souvent sont celles qui mettent sur le droit chemin certaines activités, a conclu M.Ndayisenga.
D’après Papien Ruhotora, expert en gouvernance, au niveau de la bonne gouvernance locale, les décisions prises en rapport avec la population doivent être affichées pour être à la portée du public. Pour cela, l’administrateur communal doit consulter la population avant de prendre une décision. Dans ce cas, personne ne peut pas refuser de la respecter. L’Etat cède certains pouvoirs à l’administration locale mais cela ne l’empêche pas de venir s’ingérer dans les affaires communales. Les projets ne devraient pas provenir des autorités mais des préoccupations de la population sur les collines. Pour M.Ruhotora, les conseillers communaux ont la responsabilité de faire le suivi comme l’Assemblée nationale qui fait le contrôle de l’action gouvernementale.
Yvette Irambona
