
Dans une réunion à Gitega, les responsables administratifs des communes de cette province se sont réunis le mardi 6 octobre 2026, autour d’un même objectif à savoir, prévenir, avant qu’il ne soit trop tard, les idées et comportements susceptibles de diviser les citoyens. Cette rencontre, organisée par l’ONPGH (Observatoire national pour la prévention et l’éradication du génocide, des crimes de guerre et des autres crimes contre l’humanité) a mis l’accent sur le rôle que doivent jouer les administratifs dans la préservation de la cohésion sociale
Placée sous le thème,« Prévenir avant qu’il ne soit trop tard afin que les tueries, les violences et les atrocités liées à l’identité d’une personne, à sa religion, à son appartenance ethnique ou à son lieu de naissance ne se reproduisent plus au Burundi », la rencontre a appelé les responsables administratifs à rester vigilants face aux discours et comportements pouvant favoriser la division.
Les conflits commencent souvent par des étiquettes
Prenant la parole, le président de l’Observatoire national pour la prévention du génocide et des crimes contre l’humanité, Jean de Dieu Mutabazi, a rappelé la responsabilité particulière des administratifs dans ce travail de prévention. Selon lui, leur proximité avec les citoyens leur confère une position privilégiée pour détecter les signes de tension, sensibiliser la population et promouvoir le vivre-ensemble.
Il a particulièrement attiré l’attention sur les conséquences de la stigmatisation. « Souvent, les conflits naissent lorsque des personnes attribuent à d’autres une identité négative et leur donnent une mauvaise image, ce qui conduit à leur rejet au sein de la communauté », a-t-il expliqué. Derrière une parole, une étiquette ou un jugement porté sur l’autre peut ainsi développer un climat de méfiance, voire de rejet. C’est pourquoi les administratifs sont invités à ne pas attendre que les tensions s’aggravent pour intervenir.
Pour M. Mutabazi la prévention de la violence et de la discrimination ne peut être limitée à une seule province. La rencontre de Gitega constitue ainsi une étape d’une campagne qui doit se poursuivre dans les autres provinces du pays. Comme l’a souligné Jean de Dieu Mutabazi, l’objectif est d’impliquer davantage les responsables administratifs dans la promotion de la cohésion sociale et dans la prévention de tout comportement susceptible de raviver les divisions au sein de la population.
Amédée Habimana
