
La 8e session ordinaire du Conseil des ministres sectoriel chargé de la pêche et de l’aquaculture de l’Organisation des pêches du lac Victoria (LVFO, selon son sigle anglais) s’est tenue le mardi 7 octobre 2026 à Bujumbura. Les participants ont échangé sur la situation du secteur de la pêche et de l’aquaculture ainsi que sur les défis auxquels il fait face dans la région.
La réunion a vu la participation des représentants du Burundi, de la Tanzanie, de l’Ouganda et du Kenya, ainsi que des acteurs du secteur privé. A cette occasion, le vice-ministre tanzanien de l’élevage et de la pêche, Ng’wasi Damas Kamani, a souligné l’importance de la pêche et des activités connexes dans la contribution à l’économie et aux moyens de subsistance de nombreuses familles de la région. Selon elle, le poisson constitue à la fois une importante source de nourriture et de revenus, tandis que la pêche, la transformation et le commerce du poisson génèrent des emplois pour de nombreuses populations de la région.
« De nombreux ménages dépendent directement de ces activités. La protection des ressources halieutiques du lac Victoria constitue donc une responsabilité que nous ne pouvons pas ignorer. Le lac Victoria étant une ressource partagée, la gestion de ses ressources halieutiques et de son environnement doit rester un effort collectif impliquant tous les Etats partenaires », a déclaré Mme Kamani. Elle a également rappelé que le lac Victoria est partagé entre trois pays, à savoir la Tanzanie, qui en occupe 51 %, l’Ouganda avec 43 % et le Kenya avec 6 %.
Le Burundi mise sur le renforcement des capacités
Bien que le Burundi ne soit pas riverain du lac Victoria, son adhésion à la LVFO lui permet notamment de tirer profit de l’expérience des autres Etats membres dans la gestion de la pêche et de l’aquaculture. « Le Burundi, en tant que pays qui est aujourd’hui en phase de promouvoir la pêche et l’aquaculture, être dans cette famille est un atout important pour l’économie nationale », a indiqué le secrétaire permanent du ministère burundais de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage, Emmanuel Niyungeko.
Il a précisé que le Burundi bénéficie notamment du renforcement des capacités de ses experts œuvrant dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture, grâce aux échanges d’expériences et aux initiatives menées au sein de l’organisation.

La pêche illégale et le manque de données parmi les défis
Les échanges ont également permis de relever plusieurs défis auxquels le secteur reste confronté dans la région. Il s’agit notamment de la pêche illégale ainsi que de l’insuffisance des données sur les stocks de poissons dans les lacs et dans les zones aquacoles.
Face à ces défis, les participants ont convenu de poursuivre leurs efforts collectifs afin d’améliorer progressivement la situation. Ils ont notamment insisté sur le renforcement des capacités des experts, l’accroissement des investissements dans le secteur et le respect des lois ainsi que des responsabilités de chaque Etat partenaire. Ces actions visent notamment à garantir un approvisionnement durable en matières premières aux unités de transformation du poisson et à contribuer au développement durable du secteur dans la région.
La Tanzanie prend la présidence du Conseil sectoriel
La session a également été marquée par la passation de la présidence du Conseil des ministres sectoriel chargé de la pêche et de l’aquaculture de la LVFO. La Tanzanie succède ainsi au Kenya à la tête de cet organe. La 8e session ordinaire avait été précédée par une réunion des experts des quatre Etats membres, qui ont examiné en profondeur les différentes questions relatives à la pêche et à l’aquaculture avant leur soumission au Conseil des ministres sectoriel.
Claude Hakizimana
