
Souvent présentée comme un moyen d’émancipation, l’éducation joue un rôle majeur dans la lutte contre la pauvreté. En donnant aux enfants et aux jeunes les connaissances et les compétences nécessaires pour accéder à l’emploi, elle peut contribuer à améliorer les conditions de vie des familles et à favoriser le développement des communautés. Cela ressort de l’entretien du préfet des études à l’école d’Excellence de Ngagara, Didace Nzabampema, du directeur de l’école fondamentale Kirombwe III patrick Irakoze et de l’enseignante à l’école de Kanyosha Evelyne Ndayishimiye avec le Renouveau du Burundi.
Selon M. Nzabampema, l’éducation constitue l’un des moyens les plus importants de rompre la transmission de la pauvreté d’une génération à l’autre. Un enfant qui bénéficie d’une instruction de qualité augmente généralement ses possibilités d’acquérir des compétences, de poursuivre une formation et d’accéder à des activités économiques plus stables.
M. Nzabampema indique que l’un des liens les plus évidents entre éducation et lutte contre la pauvreté concerne l’emploi. La maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul constitue une base indispensable dans la vie professionnelle. A mesure que le niveau de formation augmente, les jeunes peuvent également accéder à des métiers nécessitant des compétences techniques ou spécialisées.
«L’éducation joue un rôle majeur dans la lutte contre la pauvreté, car elle permet aux enfants et aux jeunes d’acquérir les connaissances, les compétences et les valeurs nécessaires pour construire leur avenir. En effet, une personne qui bénéficie d’une bonne éducation dispose davantage de possibilités pour accéder à un emploi stable et mieux rémunéré. Ainsi, l’éducation peut contribuer à réduire le chômage et à améliorer les conditions de vie des individus et de leurs familles », précise-t-il.
L’école, une porte vers l’emploi
«L’école ne garantit évidemment pas à elle seule l’obtention d’un emploi. Le marché du travail, la situation économique du pays et le nombre d’emplois disponibles jouent également un rôle important. Toutefois, une population mieux formée dispose davantage de capacités pour s’adapter aux transformations économiques et développer de nouvelles activités», indique M. Nzabampema
Il signale ainsi que la formation professionnelle peut être particulièrement importante dans ce domaine. Apprendre un métier dans les secteurs de l’agriculture, de la construction, de la mécanique, de l’informatique, de l’artisanat ou des services peut permettre à des jeunes de développer une activité génératrice de revenus. «Chaque enfant qui reçoit une éducation de qualité représente un potentiel pour sa famille et pour sa communauté. Un jeune formé peut devenir enseignant, médecin, agriculteur, technicien, entrepreneur, ingénieur, artisan ou exercer de nombreux autres métiers utiles à la société».
L’éducation favorise l’autonomie
D’après M. Irakoze, la lutte contre la pauvreté ne consiste pas uniquement à augmenter les revenus. Elle suppose également de donner aux individus les moyens de prendre des décisions et de participer activement à la vie économique et sociale.
Quant à lui, une personne qui sait lire et écrire peut plus facilement comprendre un contrat, suivre une formation, effectuer certaines démarches administratives ou rechercher des informations utiles. Des connaissances de base en calcul peuvent l’aider à gérer un budget, évaluer une dépense ou organiser une petite activité commerciale. Ainsi, l’éducation ne transmet pas seulement des connaissances. Elle peut fournir des outils permettant aux individus de mieux maîtriser leur environnement et de prendre davantage part aux décisions qui concernent leur avenir.
M. Irakoze insiste aussi que l’éducation des filles constitue un autre élément essentiel dans la lutte contre la pauvreté. Dans certaines localités, les filles rencontrent encore des obstacles qui limitent leur accès ou leur maintien à l’école notamment la pauvreté familiale, les travaux domestiques, les mariages précoces et les grossesses précoces. Il poursuit que lorsque les filles ont la possibilité de poursuivre leurs études, elles peuvent développer leurs compétences et accéder à davantage de possibilités professionnelles. «Une femme instruite est notamment mieux placée pour accéder à l’information concernant la santé, l’éducation de ses enfants et les possibilités économiques», souligne-t-il.
Grâce à l’éducation, une personne peut prendre des décisions de manière plus réfléchie
De son côté, Mme Ndayishimiye ajoute que l’éducation permet également aux individus de développer leur capacité à comprendre leur environnement, à analyser les situations auxquelles ils sont confrontés et à rechercher des solutions adaptées. En outre, grâce à l’éducation, une personne peut mieux connaître ses droits et ses responsabilités, comprendre les informations qui l’entourent et prendre des décisions de manière plus réfléchie.
« De plus, l’éducation favorise l’autonomie et la confiance en soi. Une personne instruite peut participer plus activement à la vie de sa communauté, en donnant son opinion, en échangeant avec les autres et en contribuant à la recherche de solutions aux problèmes collectifs. L’éducation permet ainsi aux individus de devenir davantage acteurs de leur propre avenir. Elle leur donne les moyens de ne pas seulement subir les difficultés économiques et sociales, mais aussi de chercher des possibilités pour améliorer leurs conditions de vie », dit-elle
Patricie Nimbona, mère de quatre enfants, révèle les bienfaits de l’école. « Je suis mère de quatre enfants. Parmi eux, trois ont eu la chance de fréquenter l’école et de poursuivre leur formation. Aujourd’hui, je constate avec satisfaction les résultats de leurs études. Grâce aux connaissances et aux compétences qu’ils ont acquises, ils ont pu décrocher un emploi et devenir progressivement autonomes. Leur situation professionnelle leur permet non seulement de subvenir à leurs propres besoins, mais aussi de soutenir notre famille lorsque nous rencontrons des difficultés.
Leurs emplois ont apporté un changement important dans la vie de notre famille. Ils contribuent aux dépenses quotidiennes, notamment pour l’alimentation, les soins de santé et la scolarisation de leur jeune frère. En tant que mère, je suis fière de voir que les sacrifices consentis pour leur éducation portent leurs fruits. Leur réussite montre que l’éducation peut véritablement ouvrir des portes et contribuer au développement de la communauté en particulier et du pays en général», témoigne-t-elle.
Anne Bella Irakoze
