Lors d’un entretien accordé au journal « Le Renouveau du Burundi», la gouverneure de la province de Buhumuza, Denise Ndaruhekere, dresse le bilan de la représentation du genre dans les services administratifs. Si les hautes instances montrent l’exemple, l’autorité provinciale souligne que les structures locales peinent encore à s’ouvrir aux femmes.
La province de Buhumuza affiche une nette avancée de la parité dans ses plus hautes fonctions décisionnelles. La collectivité est elle-même dirigée par une gouverneure épaulée par une conseillère. Deux femmes figurent parmi les quatre chefs de services provinciaux, et trois des sept communes sont administrées par des femmes.
Cependant, la gouverneure de la province de Buhumuza, Denise Ndaruhekere déplore une sous-représentation persistante des femmes dans l’administration de proximité. Elle révèle ainsi que seules 9 zones sur 64 sont dirigées par des femmes et qu’elles restent très minoritaires à la tête des 509 collines. Elle explique cette fracture territoriale par le poids des préjugés socioculturels, le refus de certains conjoints, la lourde charge des tâches ménagères ou l’autocensure des femmes. Face à ces obstacles, Mme Ndaruhekere exhorte vivement les femmes à s’émanciper et demande aux hommes de soutenir les ambitions administratives de leurs épouses.
Ce constat de déséquilibre local est pleinement partagé par l’administrateur de la commune Cankuzo, Marie Rose Nahimana. Elle rappelle que des secteurs stratégiques comme l’éducation et la santé sont désormais confiés à des femmes, tout en regrettant l’existence de trois cheffes de colline seulement sur l’ensemble de son territoire. Pour inverser cette tendance, elle indique que des campagnes de sensibilisation et d’encouragement se poursuivent afin d’inciter les femmes à se porter candidates.
Malgré ces disparités à l’échelon inférieur, les citoyens des communes Ruyigi, Cankuzo et Gisuru affirment dans l’ensemble se sentir bien représentés au sein de leurs services publics.
Jean Marie Ndayisenga
