
(Photo: Jean Marie Ndayisenga)
Entre la hausse des prix d’achat du café, la mobilisation autour du thé et l’extension rapide des vergers d’avocatiers « Ruhere », la commune Kayanza connaît un élan sans précédent dans le secteur des cultures de rente. Portés par des réformes incitatives et des paiements plus rapides, les agriculteurs s’impliquent activement pour accroître leurs rendements, s’inscrivant ainsi pleinement dans la Vision d’un Burundi émergent à l’horizon 2040 et développé en 2060.
En commune Kayanza, le paysage agricole est en pleine mutation et les cultures d’exportation affichent une santé remarquable. Godefroid Niyonizigiye, administrateur de cette entité administrative, dresse un bilan particulièrement encourageant de la situation sur le terrain. Selon lui, la production caféière enregistre une augmentation significative cette saison. Il attribue directement ce succès à la politique d’ajustement tarifaire initiée par le gouvernement burundais : « L’Etat a augmenté le prix du café, ce qui a découragé la fraude et incité les cultivateurs à fournir beaucoup plus d’efforts dans leurs champs», explique-t-il. En outre, l’autorité administrative souligne une nette amélioration dans la chaîne de paiement, précisant que les producteurs perçoivent, désormais, leur argent dans des délais très courts, contrairement aux retards chroniques observés ces dernières années.
La réussite confirmée dans la filière caféière encourage d’autres acteurs du secteur agricole à exprimer leurs attentes. Les cultivateurs de thé demandent, à leur tour, une revalorisation du prix d’achat au kilogramme, afin d’aligner leurs revenus sur ceux des caféiculteurs. M. Niyonizigiye tente, toutefois, de les apaiser en leur affirmant que l’Etat, agissant en parent attentif, se penche déjà sur la question. Il se réjouit de constater que cette attente ne freine en rien l’engagement des théiculteurs, qui continuent d’entretenir leurs champs avec soin pour maintenir des niveaux de production élevés.
En parallèle, la commune mise sur une nouvelle filière prometteuse : l’avocatier de la variété « Ruhere ». M. Niyonizigiye confirme que la population s’est lancée dans une plantation massive de ces arbres fruitiers. Il ajoute aussi que sur le terrain, l’activité est intense : les agriculteurs s’affairent quotidiennement à l’arrosage des jeunes pousses récemment mises en terre et au greffage pour optimiser la production future.
Pour lui, cette dynamique crée un cercle vertueux complet. En renforçant le pouvoir d’achat des ménages, ces activités génèrent des recettes fiscales pour la commune et apportent de précieuses devises au pays, rapprochant ainsi le Burundi de ses objectifs nationaux de développement pour 2040 et 2060.
Cet enthousiasme est partagé par les habitants. Gérard Sindayigaya, un résidant de la zone Matongo, affirme les progrès réalisés à l’échelle locale : « Nous avons été sensibilisés à l’importance stratégique des cultures de rente. La revalorisation des prix nous a fortement motivés », témoigne-t-il. Il précise d’ailleurs que la directive exigeant que chaque ménage plante au moins dix pieds d’avocatiers Ruhere est parfaitement comprise et déjà largement appliquée par l’ensemble des foyers.
Jean Marie Ndayisenga
