Le président de la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme(CNIDH) Mgr Martin Blaise Nyaboho a animé à Bujumbura, le mardi 01 septembre 2026, une conférence de presse à l’entention des journalistes sur le phénomène récurrent des incendies des marchés et la situation des droits économiques. La CNIDH adresse un message de réconfort aux victimes directes et collatérales des incendies, tout en les invitant à faire preuve de résilience en ces moments de dures épreuves , afin de préserver la jouissance de leurs droits économiques.

Mgr Nyaboho indique que la CNIDH est très préoccupée par le phénomène récurrent des incendies des marchés et déplore que, depuis l’incendie qui a ravagé le marché central de Bujumbura en janvier 2013, d’autres incendies des marchés se sont multipliés. La CNIDH note que ces incendies ont réduit des infrastructures et des marchés en cendres, mais ont aussi laissé derrière eux la désolation, le désarroi et l’économie exsangue qui risque d’hypothéquer l’avenir des familles éprouvées et celui du Burundi.
Au regard de ce qui précède et conformément au pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966 ainsi qu’aux observations générales du comité y relatifs, la CNIDH demande au gouvernement de mettre sur pied une commission multisectorielle chargée de mener une enquête indépendante et approfondie sur la nature de ces incendies, leurs causes et leurs mobiles réels, en vue d’y apporter des réponses urgentes et appropriées visant l’éradication de ce fléau et d’intercéder auprès des institutions bancaires et financières en faveur des victimes.
La CNIDH demande au gouvernement de renforcer les capacités et les moyens opérationnels (formation, les moyens techniques) de la plateforme nationale de Prévention des risques et de gestion des catastrophes (PNPRGC) afin de prévenir et lutter contre les incendies. Elle recomande également de sensibiliser la population en général, et les commerçants, en particulier, à adhérer aux régimes d’assurance en vue d’amortir le choc en cas de catastrophes diverses. La CNIDH invite les banques nationales à revoir ensemble les modalités de remboursement des crédits et de refinancement de leurs activités commerciales notamment en abaissant les taux d’interet au taux directeur minimal, réglementaire actuellement fixé à douze pourcent par l’article 83 de la loi numéro 1/17 du 22 août 2017 régissant les activités bancaires.
Fidèle Hatangimana
