Réunis à Bujumbura en date du 9 et 10 juillet 2026, les chefs des Services de renseignement d’Afrique centrale se penchent sur les défis sécuritaires régionaux. Cette conférence s’ouvre sous le thème : « Sécurité régionale dans un contexte mondial lié au multilatéralisme : enjeux et implication pour la région de l’Afrique centrale face à l’insécurité causée par les groupes rebelles et les groupes négatifs armés ».

Le Burundi est devenu la capitale de la sécurité régionale ce jeudi 9 juillet 2026. Le pays accueille une conférence de deux jours réunissant les responsables des Services de renseignement et de sécurité d’Afrique centrale. Au centre des débats, la lutte contre l’insécurité causée par les rebelles et les forces armées négatives, dans un contexte mondial marqué par le multilatéralisme et les rivalités géopolitiques.
Lors de l’ouverture officielle, Prosper Bazombanza, Vice-président de la république du Burundi, a salué la pertinence de cette rencontre. Il a souligné que l’Afrique centrale fait face à des défis complexes, caractérisés par l’activisme des groupes armés, le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et les cybermenaces, exacerbés par le changement climatique. Le Vice-président burundais a également dénoncé la convoitise extérieure sur les immenses ressources naturelles de la région, précisant que ces richesses suscitent des guerres alimentées par des intérêts multinationaux au détriment de partenariats équitables.
Faire taire les armes d’ici 2030
Pour contrer ces menaces, M. Bazombanza a préconisé le renforcement de la coopération inter-services et la coordination des opérations, fondés sur la confiance mutuelle. Il a toutefois invité les participants à une introspection lucide, affirmant que les maux de l’Afrique ne viennent pas uniquement de l’extérieur. Selon lui, il est crucial de s’attaquer aux causes profondes, notamment les failles de gouvernance, le déficit de contrôle territorial, les tensions identitaires et la porosité des frontières. M. Bazombanza a émis le vœu que ces assises débouchent sur des recommandations réalistes, en phase avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui ambitionne de « faire taire les armes » d’ici 2030.
Renseignement et régulation technologique
De son côté, Ildephonse Habarugira, administrateur général du Service national de renseignement (SNR) du Burundi, a rappelé l’objectif de cette réunion. Il a exhorté à une synergie novatrice pour pacifier la région des Grands lacs, meurtrie par trois décennies de violences chroniques. Le chef du Renseignement burundais a mis un accent particulier sur la situation en République démocratique du Congo (RDC) et en RCA, épicentres des dynamiques sécuritaires de la sous-région.
M. Habarugira a averti que la course mondiale au réarmement et l’usage non régulé de l’intelligence artificielle représentent de nouvelles menaces pour la souveraineté territoriale. Il a appelé la Conférence des services de renseignement et de sécurité d’Afrique (CISSA) à jouer un rôle de premier plan. Selon lui, la sécurité du continent doit être pensée et construite par les Africains eux-mêmes, à travers une volonté politique ferme pour immuniser la région contre les manipulations intérieures et la prédation extérieure.
Jean Marie Ndayisenga
