La consolidation de la paix, le renforcement de la cohésion sociale et la promotion d’un développement durable passent inévitablement par l’engagement des responsables administratifs, politiques et religieux. C’est dans cette optique que l’Archidiocèse catholique de Gitega, à travers sa Commission diocésaine justice et paix (CDJP), a organisé, le jeudi 9 juillet 2026 à Gitega, une journée de réflexion réunissant les responsables administratifs, les représentants des partis politiques œuvrant en province de Gitega ainsi que les responsables religieux.

Cette rencontre s’inscrivait dans une dynamique de dialogue et de concertation entre les différents acteurs de la vie nationale, afin de promouvoir un climat de paix durable, particulièrement à l’approche des prochaines échéances électorales. Les participants ont suivi plusieurs exposés portant notamment, sur la guérison des traumatismes et la paix, le développement durable comme levier de paix ainsi que le rôle des leaders administratifs, politiques et religieux dans l’organisation des élections inclusives, transparentes, libres et apaisées.
Représentant l’Archevêque de Gitega, l’Abbé Térence Manirakiza, chancelier de l’Archidiocèse, a rappelé que l’Eglise catholique place, au cœur de sa mission, le développement intégral de la personne humaine. Selon lui, cette journée de réflexion visait à créer un espace d’échanges permettant aux différents responsables, d’harmoniser leurs points de vue et d’identifier, ensemble, des pistes de solutions aux préoccupations liées au développement et à la consolidation de la paix. « Lorsque les responsables se rencontrent et dialoguent dans un esprit d’écoute mutuelle, ils contribuent à désamorcer les tensions et à favoriser un environnement propice au développement », a-t-il fait savoir, en invitant chaque participant à demeurer artisan de paix dans son milieu de vie.
Le développement, un facteur de consolidation de la paix
Le secrétaire exécutif de la Commission diocésaine justice et paix de Gitega, l’Abbé Célestin Nsabindavyi, est revenu sur les différentes actions entreprises par son institution dans le domaine de la consolidation de la paix et de la cohésion sociale. Parmi elles, il a fait remarquer que la CDJP accompagne, actuellement quarante trois associations de jeunes à travers un appui financier destiné à développer les activités génératrices de revenus. Ces initiatives profitent à 1 075 jeunes, contribuant ainsi à leur autonomisation économique et à la prévention des conflits. Pour l’Abbé Nsabindavyi, ces réalisations constituent un investissement durable en faveur de la paix. Citant l’encyclique « Populorum Progressio», il a rappelé que le pape Paul VI affirmait que « le développement est le nouveau nom de la paix », soulignant ainsi le lien étroit entre progrès socio-économique, stabilité et cohésion sociale.
Des échanges axés sur les défis actuels dont les mécanismes de guérison des traumatismes du passé
Les travaux se sont poursuivis par des échanges entre les participants autour des différents thèmes développés par les experts. Les discussions ont porté sur les mécanismes de guérison des traumatismes, les stratégies de promotion du développement durable ainsi que les responsabilités des différents leaders dans la prévention des conflits et la promotion d’un climat électoral apaisé.
Le coordinateur du Projet Paix et Réconciliation (PPR), Dr Aloys Misago, partenaire de la CDJP de Gitega et d’autres diocèses du Burundi, a présenté un exposé axé sur le thème: « Développement durable et paix ». Il a mis en évidence l’interdépendance entre le développement économique, l’inclusion sociale et la stabilité, tout en appelant les responsables présents à promouvoir des initiatives susceptibles de renforcer la résilience des communautés.
Au terme de cette journée de réflexion, les participants ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le dialogue et de renforcer la collaboration entre les différentes composantes de la société. Ils ont estimé que la synergie entre les autorités administratives, les acteurs politiques et les responsables religieux demeure un facteur déterminant pour consolider la paix, préserver la cohésion sociale et promouvoir un développement durable au bénéfice de toute la population.
Amédée Habimana
