Le Conseil consultatif de l’Union africaine contre la corruption a clôturé, le vendredi 7 mai 2026, des séances d’entretien organisé dans le cadre de la mission de sensibilisation et d’évaluation du Burundi sur la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. Les participants ont appris que la corruption demeure aujourd’hui l’un des principaux obstacles au développement économique et social des Etats africains.

A l’heure actuelle, l’Onu estime que le continent africain perd 55 milliards de dollars par an à cause de la corruption. Selon Kwami Edem Senamu, président du Conseil consultatif de l’Union africaine contre la corruption, chaque pays africain y compris le Burundi perd plus de deux milliards de dollars chaque année à cause de la corruption. Toutefois, sur les 55 pays africains 50 États membres ont signé et ratifié la convention pour prévenir et combattre la corruption. « Nous sommes ravis de constater que le Burundi est devenu le 15e Etat membre de l’Union africaine à se soumettre à une évaluation sur l’état de la corruption pour valider le projet de rapport d’évaluation ».
De son côté, le commissaire général de la police judiciaire, Général Kenyatta Joseph a affirmé que la corruption fragilise les institutions, compromet le développement socio-économique, alimente les inégalités, affaiblit la confiance des citoyens envers les pouvoirs publics et constitue parfois un terrain favorable à d’autres formes de criminalité organisée transnationale. Malgré la persistance de la corruption au Burundi, le général Kenyatta a indiqué que le président de la République a pris le devant dans le combat contre ce fléau à travers des séances de sensibilisations et la mise en place des stratégies pour mener à bon port ce combat.
Le Burundi demeure fermement attaché aux mécanismes africains et internationaux de coopération dans la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux, les flux financiers illicites et les infractions connexes. «Notre pays continue de renforcer progressivement son arsenal juridique et institutionnel afin de se conformer aux engagements pris dans le cadre de la convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, ratifiée paR le Burundi à travers la loi no1/02 du 18 janvier 2005».
Des actes qui favorisent la corruption
Lors des échanges, les participants ont donné des suggestions pour bien mener ce combat. Toutefois, le secrétaire général de la CFCIB, Denis Nshimirimana a indiqué que les faibles salaires des fonctionnaires de l’Etat, des forces de défense et de sécurité confrontés à la cherté exponentielle des prix des produits de première nécessité constituent un handicap majeur.
Les participants ont recommandé également des coalitions nationales et internationales, l’utilisation des preuves chiffrés et l’instauration des lois protégeant les lanceurs d’alerte.
Moïse Nkurunziza
