Le Burundi s’est joint, le lundi 4 mai 2026, au reste du monde, dans la célébration de la Journée mondiale de la liberté de presse. A travers cette célébration annuelle, les professionnels des médians s’engagent à tisser, aujourd’hui qu’hier, par texte ou par l’audiovisuel, un tissu social d’une texture aux couleurs pacifiques. A l’heure de l’émergence des technologies de l’information, en particulier de l’intelligence artificielle, les professionnels des médias sont appelés, à toujours privilégier le travail humain.

Selon l’abbé Dieudonné Niyibizi, expert en communication, la liberté de la presse se tient aujourd’hui dans l’usage critique et conscient de la technologie. « Façonner un avenir de paix c’est savoir unir journalisme, technologie et droits humains. Ce n’est pas se soumettre aux machines. C’est les assujettir à la dignité de la parole et à la vérité du fait », a rappelé l’abbé Niyibizi.
Le coordinateur de la Maison pour la paix de l’Unesco au Burundi, Peter Wallet, invite les professionnels des médias à réfléchir aux transformations profondes induites par le numérique et l’intelligence artificielle. « Ces technologies offrent des opportunités considérables pour élargir l’accès à l’information, mais elles posent aussi des défis majeurs en matière de désinformation, de manipulation et de confiance ».
Ce représentant de l’Unesco trouve qu’il est essentiel de promouvoir une gouvernance de l’information fondée sur les droits humains, une utilisation éthique des technologies et le renforcement de l’éducation aux médias et à l’information.
Plusieurs risques
L’abbé Dieudonné Niyibizi affirme que la montée de l’intelligence artificielle pose plusieurs risques. « Elle peut usurper l’homme en générant des faux contenus avec une convinction trompeuse, en remplaçant ou marginalisant les journalistes, sans rémunération ni respect de leurs droits d’auteur et de leur déontologie », explique-t-il. Et d’ajouter que l’intelligence artificielle peut alimenter une culture de la paresse intellectuelle où le public se contente de l’illusion de l’information plutôt que le travail de la vérité. « La liberté de la presse signifie rester maître de la technologie en l’employant comme outil de précision, de vérification et d’accessibilité, mais jamais comme un substitut de la conscience, de la responsabilité et de la parole humaine », conclut-t-il.
Moïse Nkurunziza
