L’insuffisance rénale demeure une maladie peu connue mais de plus en plus préoccupante. Elle affecte les reins, organes essentiels chargés de filtrer les déchets du sang. Il peut y avoir de graves conséquences lorsqu’elle n’est pas prise en charge à temps. Cela ressort d’une interview accordée au journal Le Renouveau du Burundi par le médecin Jean Baptiste Ndikumana le lundi 23 mars 2026.

Au début, l’insuffisance rénale évolue souvent sans signes visibles. Cette situation complique considérablement le diagnostic précoce et retarde la prise en charge des malades. « Beaucoup de patients ignorent qu’ils sont malades, car les symptômes apparaissent tardivement. Il s’observe souvent une fatigue persistante, des gonflements du corps ou encore des troubles urinaires à un stade avancé », explique Jean Baptiste Ndikumana.
M. Ndikumana souligne que plusieurs facteurs favorisent cette maladie, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, ainsi que l’automédication. «L’usage abusif de certains médicaments, surtout sans prescription médicale, peut endommager les reins de façon irréversible », a prévenu M.Ndikumana.
Il insiste également sur l’importance d’un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée et une bonne hydratation.
A un stade avancé, les malades doivent souvent recourir à la dialyse, un traitement lourd et coûteux. Dans certains cas, une transplantation rénale est nécessaire, mais cette option reste rare au Burundi.
« La prise en charge est encore un défi, notamment à cause du coût des soins et du manque d’équipements spécialisés », a reconnu M. Ndikumana
Christine Nijimbere, une patiente originaire de Bubanza, atteinte d’une insuffisance rénale, raconte son expérience avec émotion. « Au début, je pensais que c’était une simple fatigue. Avec le temps, mon état de santé s’est aggravé. J’ai commencé à avoir des douleurs et à me sentir très faible », a-t-elle confié.
Aujourd’hui, elle suit un traitement régulier et appelle la population à être vigilante. « Je conseille à tout le monde de faire des contrôles médicaux réguliers. Si j’avais su plus tôt, ma situation ne serait pas aussi difficile. Il ne faut pas attendre que la maladie soit grave pour agir. »
La prévention comme solution
Face à cette situation, les professionnels de santé insistent sur la prévention. Un dépistage précoce, en particulier chez les personnes à risque, peut sauver des vies.
« Il est essentiel de contrôler régulièrement la tension artérielle et la glycémie, d’éviter l’automédication et d’adopter une vie saine, boire suffisamment d’eau », a recommandé Lynda Irakoze, membre de l’association « Nice nutrition and market »
Face à la gravité de l’insuffisance rénale, il est important de sensibiliser la population sur les risques et les moyens de prévention. Un dépistage précoce permet d’éviter des complications et d’améliorer la qualité de vie des patients.
Anicet Mbonifasha(Stagiaire)
