Dix-huit medias burundais (douze radios et six de la presse écrite) ont organisé le jeudi 30 juillet 2026, au chef-lieu de la commune Muyinga dans la province de Buhumuza, un débat multiplex « Umunoni», celui-ci a porté sur la politique d’investissement communal, ce débat est organisé à quelques jours pour que les administrateurs communaux totalisent une année étant à l’œuvre pour l’intérêt de la population. Néamoins, certaines communes sont encore en arrière pour ce qui est du développement car les projets mis en avant ne concordent pas avec les priorités de la population.

Les invités à ce débat sont Amédée Misago, administrateur de la commune Muyinga ; Audace Nizigiyimana, représentant du conseil communal Muyinga ; Aline Manirabarusha, ancien gouverneur de la province de Muyinga, et Arthémon Muntunutwiwe, secrétaire général de l’Olucome (Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques) .
« Nous consultons la population pour connaître les priorités à mettre en œuvre au niveau de leurs localités. Au niveau de la commune, il existe une commission chargée d’étudier ces priorités. Ainsi, les fonds pour réaliser les projets de développement proviennent des impôts et taxes, de l’Etat, des bailleurs ainsi que de la contribution de la population. Le conseil communal quant à lui, travaille avec la commune pour élaborer des priorités suivant les besoins de la population ». Tels sont les propos d’Amédée Misago, administrateur de la commune Muyinga , lors de ce débat.
Du côté du conseil communal de Muyinga, Audace Nizigiyimana aborde dans le même sens en affirmant que ce conseil collabore avec la commune pour arriver à un consensus. « Nous regardons les priorités de la population afin de les mettre en œuvre».
L’administrateur de la commune Muyinga indiqué qu’avec l’ancien découpage administratif, cette commune collectait 1,6 milliards de FBu. Actuellement, avec le nouveau découpage l’argent déjà collecté est de 2,4 milliards de FBu.
La révision budgétaire, une solution envisagée
Concernant les projets qui ne sont pas exécutés, M.Misago explique que cela est surtout lié aux moyens qui leur font défaut. A cet effet, il peut y avoir une révision budgétaire pour pouvoir mettre en œuvre ces projets. « Avec cette révision, nous revoyons les priorités tout en maintenant le fonctionnement de la commune. Si une urgence se présente, le conseil communal se réunit pour étudier ce cas ».
Pour l’Olucome (Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques), Arthémon Muntunutwiwe trouve que des fois, les collecteurs de taxes ne travaillent pas comme il faut. Un suivi régulier s’avère nécessaire pour que tout l’argent collecté rentre dans les caisses de la commune. Aussi, les marchés publics peuvent ne pas respecter les délais, ou ne sont pas étudiés comme il faut.
D’après M. Misago, face à cette situation, l’administration communale effectue un contrôle chaque mois, mais aussi, elle change de poste pour les collecteurs de taxes, et certains d’entre eux sont traduits en justice pour répondre de leurs actes. Si la population est au courant de ce qui est en train d’être réalisé, et des difficultés auxquelles la commune est confrontée, les lamentations diminuent.
D’après Aline Manirabarusha, ancien gouverneur de Muyinga, si l’argent n’est pas disponible, on fait une révision budgétaire, « ce qui permet de relancer un projet. S’il y a des projets non exécutés, on fait une priorisation en se basant sur l’intérêt de la population».
Les 40 % des taxes prélevés sont utilisés pour financerles investissement
Abraham Niyongabo, responsable d’actions mobilisations des ressources propres aux communes au ministère en charge du développement communautaire précise que l’objectif des communes est que sur les taxes collectées pendant une année, on y prélève 40 % pour les investissements des projets de développement. « Toutes les communes l’ont déjà fait mais à des échelons différents étant donné qu’elles n’ont pas la même richesse ».
Pour ce qui est des investissements au niveau des communes, avec le peu de moyens dont elles disposent, le gouvernement leur a promis des fonds pour les aider dans l’accomplissement de leurs projets. Dans le cadre du PTBA, le ministère de tutelle a une grande responsabilité du début jusqu’à la fin , et nous les évaluons tous les trois mois afin de corriger les imperfections observées dans l’exécution des projets, d’après toujours M.Niyongabo.
La population des différentes communes du pays (Rumonge, Cibitoke, Gitega, Ngozi, Kirundo) a exprimé sa préoccupation liée surtout au manque de marchés d’écoulement des produits, d’où la nécessité des usines de transformation pour palier ce problème. Tous les intervenants souhaitent qu’il y ait des investisseurs pouvant construire ces usines, et la population pourra en tirer profit.
Yvette Irambona
