
Le ministère de l’Intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique a organisé, ce 10 août 2026, un point de presse au cours duquel une déclaration a été présentée à l’occasion de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local ainsi que de la Journée africaine de l’état-civil et des statistiques de l’état-civil. Le thème de cette journée est : « Nouvelle décennie CRVS (Civil registration and vital stastics) (2027-2036) : consolider les acquis de l’APAI-CRVS (Programme pour l’amélioration accélérée de l’enregistrement des faits d’Etat civil et de l’Etablissement des statistiques de l’état-civil en Afrique) et assurer l’avenir de l’état-civil et des statistiques de l’état-civil en Afrique grâce à l’intégration, la décentralisation et la digitalisation. »
Dans cette déclaration, Ndayisaba Richard, secrétaire permanent chargé de la sécurité publique au ministère ayant la sécurité dans ses attributions, a indiqué que cette journée invite à réfléchir à la manière de rapprocher davantage les centres de décision, les responsabilités et les services publics aux citoyens. Selon lui, elle constitue également une occasion de réaffirmer l’importance de la commune comme espace privilégié de développement, de participation citoyenne et de prestation de services publics de proximité.
Pour Ndayisaba, la commune doit être un moteur du développement local et le citoyen doit être au cœur de cette nouvelle relation entre l’administration et la population. Il a souligné que le citoyen ne mesure pas la réussite d’une réforme au nombre de textes adoptés, mais plutôt à la facilité avec laquelle il accède aux services publics, fait enregistrer son enfant, obtient un document administratif, participe à la vie de sa commune ou accède aux services sociaux. Il la mesure également à travers l’amélioration des infrastructures et des conditions de vie de sa communauté. L’enregistrement des faits d’état-civil reste ainsi fondamental pour garantir l’identité juridique, la bonne gouvernance et le développement durable.
Au Burundi, cette réforme s’inscrit dans le cadre du rapprochement des services publics de la population. Les services d’état-civil ont été rapprochés des citoyens grâce au déploiement de bureaux d’état-civil au niveau zonal, alors qu’ils étaient auparavant accessibles au niveau communal.
M. Ndayisaba a également indiqué que la réforme engagée par le pays repose sur l’interopérabilité entre l’état-civil et les services de santé. Les parents peuvent désormais, dans les formations sanitaires concernées, enregistrer la naissance de leur enfant directement auprès des agents de l’état-civil présent dans ces établissements.
La mise à l’échelle nationale de l’interopérabilité, un des défis
Selon lui, la digitalisation constitue une autre étape essentielle de cette transformation. « Nous devons poursuivre cette dynamique afin que la transformation numérique devienne un véritable instrument de modernisation de l’administration, d’amélioration de la qualité des données et de simplification des services offerts aux citoyens », souligne-t-il.
Malgré ces avancées, M. Ndayisaba reconnaît que plusieurs défis persistent, notamment la mise à l’échelle nationale de l’interopérabilité entre les formations sanitaires et l’état-civil, la digitalisation du système, l’insuffisance des infrastructures et des équipements, le renforcement des compétences techniques du personnel ainsi que la mobilisation durable des ressources.
Pour M. Ndayisaba, le gouvernement réaffirme son engagement à poursuivre la modernisation, la décentralisation, l’interopérabilité et la digitalisation afin de garantir à chaque enfant une identité juridique et de disposer de statistiques fiables permettant une meilleure planification du développement national.
Eric Tuyishemeze
Ernest Nijimbere(Stagiaire)
